[Covid-19] Penser l'inimaginable
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Le scénario du pire ! Seuls quelques auteurs de romans policiers et de science-fiction imaginaient une telle crise planétaire. Ici ou là, pourtant, les plus soucieux de la crise climatique prêtaient une oreille aux projections catastrophistes des collapsologues et autres survivalistes. Et si ? Et si, avant même que les effets du dérèglement climatique ne s’amplifient et ne rendent invivables des régions entières de la Terre, une grande panne mondiale mettait à l’arrêt l’humanité ?
Parce qu’elle touche tous les continents, et parce qu’elle continuera de faire souffrir des centaines de millions de personnes pendant des mois, voire des années, la pandémie du Covid-19 oblige à penser l’après-déconfinement. Pas « le monde d’après », non, car il n’y aura pas une rupture du jour au lendemain, mais « le monde avec », quand, après le pic de la pandémie, il faudra s’habituer à vivre avec le coronavirus. Loin de chercher des solutions toutes faites relevant de tel ou tel prêt-à-porter idéologique, nous avons sollicité vingt experts, économistes et intellectuels qui, pour certains, s’étaient déjà exprimés par le passé dans les colonnes de « L’Usine Nouvelle » et qui, pour d’autres, ont accepté de partager avec nous leurs réflexions.
Dans les pages qui suivent, on retiendra trois grands enseignements de cette somme d’intelligences. Primo, l’expansion humaine au détriment du vivant et l’accélération des déplacements à l’échelle du globe nous obligent à nous préparer à l’arrivée de nouveaux virus et à la répétition, éventuelle, de pandémies meurtrières. Deuzio, les prémices de la violente crise économique née de l’arrêt des principales économies forcent à imaginer une plus grande régionalisation de la mondialisation, avec des circuits d’approvisionnement plus courts et plus sûrs. Mais aussi à repenser les amortisseurs sociaux, à réinventer cet État-providence qui avait contribué à sortir l’Europe de la misère après la Seconde Guerre mondiale. Tertio, enfin, il faut accélérer la transition énergétique et toutes les politiques de nature à limiter les effets du réchauffement climatique. C’est plus que jamais l’affaire de tous…
Pascal Gateaud



