"Nous nous rendons compte qu’un certain nombre de secteurs industriels se lancent dans l’économie de la fonctionnalité. Ils ont adapté leur appareil productif pour contribuer au besoin de la crise. Je pense notamment au gel hydroalcoolique produit sur les lignes de parfum de LVMH, mais pas uniquement. Ce n’est pas évident et cela favorise l’économie circulaire, avec une meilleure utilisation des ressources disponibles, qui est palpable.
Cette capacité à s’adapter aux nouveaux besoins, avec agilité, sera probablement de plus en plus une nécessité. On a besoin de mieux maîtriser les modes d’approvisionnement et cela va pousser l’“éco-efficacité”. Cette adaptabilité de nos modèles économiques est également une réponse aux enjeux de relocalisation.
Il me semble aussi que les nombreuses entreprises qui contribuent à l’effort de guerre renforcent leur valeur immatérielle et réaffirment leur raison d’être. Là, il y a une démonstration par des preuves concrètes. Les consommateurs s’en souviendront et accorderont peut-être plus de crédit aux entreprises qui auront démontré leur utilité sociétale et contribué aux enjeux collectifs. Tout ce qui relève de l’analyse des risques va aussi devenir plus robuste. Penser l’impensable est aujourd’hui une posture d’esprit nécessaire. Identifier le risque pandémie, c’est bien. Cela avait été fait. Mais il faut aussi “croire” à son risque et, derrière, mettre en œuvre des scénarios. Je relie cela au réchauffement climatique, aux enjeux environnementaux, qui restent abstraits pour certains. On connaît le lien entre la montée des températures et certains risques sanitaires. Il ne faudrait pas que le réchauffement climatique soit le Covid-19 de demain. J’espère qu’après cette crise, le risque climatique sera mieux pris en considération, d’autant que la période a montré l’importance du dialogue avec les experts scientifiques et leur rôle clé dans la gestion de crise."



