«Joseph Bibal, mon arrière-grand-père, a abandonné la banque pour se lancer dans la torréfaction de café arabica à Montpellier en 1955. Le café de la rue Foch, au centre-ville, était une institution pour les étudiants de médecine et de droit», raconte Thomas Bertrand, qui a rejoint la PME à 24 ans et la préside aujourd’hui. «Il n’y avait rien d’évident, mais j’y avais travaillé tous les étés, à tous les postes.»
Son père Philippe et son grand-père Roger Bertrand – gendre de Joseph Bibal – l’avaient précédé. «Une entreprise familiale fait passer le message de la durabilité, bon pour la rentabilité. Le risque réside dans les conflits de générations. Avec mon père, dirigeant de 1986 à sa retraite, en 2020, l’équilibre s’est fait par l’écoute, la prise d’expérience. Chacun a pu innover.» Cafés Bibal passe à l’approvisionnement des cafés, hôtels et restaurants (25% du chiffre d’affaires) en 1970, à la distribution automatique (60%) en 1990, à la grande distribution (10%) en 2018 et à la digitalisation en 2020.
Continuer à grandir dans le Midi
L’entreprise est le leader régional de la vente par distributeurs automatiques, avec 6000 machines et quatre sites logistiques de Perpignan à Salon-de-Provence. Malgré les tensions sur les prix d’achat du café, Thomas Bertrand envisage 15% de croissance en 2025 et «cherche activement» à racheter des sociétés en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Auvergne-Rhône-Alpes. Situé à Saint-Aunès (Hérault), près de Montpellier, le siège usine à énergie positive, qui produit quatre tonnes de café torréfié par jour, est désormais trop petit. «Il nous faut 3200 mètres carrés de plus !» Côté relève potentielle, les membres de la cinquième génération n’ont que 12 et 10 ans... «Mais ils s’intéressent ! Les chiens ne font pas des chats.»
Cafés Bibal en bref
Fondation 1955
4e génération
35 M€ de CA (2024)
250 salariés

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n°3744-3745 - Juillet-Août 2025



