Humeau-Beaupréau fut bien inspiré de racheter, en 2003, la Méduse. Chacun a en effet un souvenir d’été avec cette fameuse sandale en plastique, souple et tressée, née dans l’après-guerre, qui se vend encore à 500000 exemplaires par an. L’entreprise décline à l’infini ces «jelly shoes», moulées par injection en un seul corps avec ses semelles à picots. En mode transparent, argenté, acidulé, à talons compensés… Au Japon ou en Corée, certains n’hésitent pas à porter cet attribut de la «french touch» avec des chaussettes. Désormais, la marque est aussi apposée sur des bottines en plastique et sur des sneakers.
Humeau-Beaupréau est toutefois né bien avant la Méduse. La société associe en effet le patronyme familial et le nom de la commune du Maine-et-Loire qui l’a vu naître, en 1905. Après une lignée de dirigeants, tous prénommés Pierre, Anne-Céline Humeau 47 ans, représente depuis 2019 la cinquième génération (et la première femme) à la tête de l’entreprise, désormais forte de 150 salariés en France et 120 en Tunisie, pour un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros, dont 15% à l’export.
Alain Moneger Deux millions de paires sont fabriquées, sous les marques Umo pour les bottes et sabots de loisirs, Baudou pour de robustes bottes de travail (agriculteurs, chasseurs…), Bopy pour les chaussures d’enfants en cuir et Plasticana, une gamme de sandales et sabots en PVC recyclé intégrant de la fibre de chanvre.
Spécialiste de l’injection plastique, l’entreprise poursuit sans relâche les copieurs de sa précieuse Méduse. Via la démarche collective Innoshoe, elle a aussi été à l’avant-garde dans l’innocuité des chaussures en éradiquant très tôt les phtalates et le plomb du plastique PVC, tout en étant pionnière dans le réemploi du PVC, réinjectant chaque année 100 tonnes de cette matière dans ses process.
Humeau-Beaupréau en chiffres
- Fondation : 1905
- Cinquième génération
- 24 millions d'euros de chiffre d'affaires
- 270 salariés



