En 2026, après l'arrêt de Douvrin, Trémery deviendra l’unique usine de moteurs de Stellantis en France

Avec l’arrêt programmé de la production de moteurs diesel et essence dans l'usine "Française de Mécanique" à Douvrin (Pas-de-Calais), l’usine de Trémery (Moselle) sera la dernière de Stellantis à assembler des moteurs thermiques dans l’Hexagone. Mais le site est déjà prêt pour embrasser l’ère de l’électrique.

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E-Motors Stellantis Tremery
L'usine de Stellantis à Trémery (Moselle) poursuit son activité d'assemblage de moteurs thermiques, sur le déclin. L'avenir du site se joue dans les moteurs électriques, grâce à la coentreprise Emotors avec le fabricant japonais de moteurs électriques Nidec.

Les mois de production de moteurs automobiles à Douvrin (Pas-de-Calais) sont comptés. Lorsque la Française de Mécanique, fondée en 1969, cessera ses activités dans le courant de l’année 2026, Stellantis concentrera l’ensemble de ses assemblages mécaniques hexagonaux à Trémery (Moselle). L’usine, spécialiste du moteur à combustion interne, a été créée par Citroën en 1979. Plus de 50 millions de moteurs thermiques y ont été produits et ce n’est pas (encore) fini.

Trémery produit encore deux moteurs diesel

Tandis que la transition vers le 100% électrique tire en longueur, le site industriel continue de fabriquer des blocs-moteurs diesel quatre cylindes 1.5 et 2.0 HDi. Le premier, connu en interne sous le nom de code «DV5RU», est une variante pour les véhicules utilitaires légers du moteur diesel («DV5R») dont la production cessera à Douvrin le 1er novembre. Le marché européen des vans étant encore largement dépendant de cette technologie, ce produit va poursuivre sa vie encore quelques années.

Le second moteur, baptisé «DW», est quant à lui dédié aux véhicules utilitaires les plus imposants. Son assemblage doit prendre fin avant la fin de l’année 2025 (en octobre selon les prévisions, mais la production de pièces détachées pour l’après-vente devrait se poursuivre un moment). En cause : l’arrivée en novembre 2026 de la norme Euro 7, une réglementation européenne évolutive pensée pour réduire à pas régulier les émissions des véhicules motorisés. Stellantis n’a pas prévu de réingénierie pour ce moteur, qui va donc disparaître des lignes de production au profit d’un bloc-moteur conçu à l’origine par Fiat et fabriqué à Pratola Serra, près de Naples, en Italie.

Le moteur essence «EB» reste largement produit

L’usine de Trémery fabrique également un moteur essence baptisé «EB GEN3», c’est-à-dire la nouvelle version du moteur trois cylindres 1.2 Puretech dont la génération précédente (produite à Douvrin) a été émaillée de soucis mécaniques. Sa capacité de production installée avoisine les 400 000 unités par an. Les moteurs «EB» (le «E» pour essence et le «B» qualifiant le segment des voitures visées) sont les moteurs thermiques les plus fabriqués par Stellantis aujourd’hui, car ils se retrouvent sur les petits véhicules (comme la Peugeot 208) dotés d’une hybridation légère, technologie actuellement très prisée sur le marché.

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Lancée en 2013 en France, sa fabrication dans l’Hexagone ne représente aujourd’hui qu’une infime partie de sa production totale. Les moteurs, lourds et encombrants, doivent être idéalement assemblés à proximité de leur lieu d’intégration dans les véhicules. C’est pourquoi Stellantis a étendu en 2019 la fabrication de ce produit aux usines terminales de Tichy (Pologne) et de Szentgotthard (Hongrie). En 2025, sa fabrication débute également à Kénitra (Maroc), pour une capacité annuelle de 350000 unités.

A noter par ailleurs qu’une autre famille de moteurs de l’ex-groupe PSA, baptisée «EP», développée pour les voitures haut-de-gamme en collaboration avec BMW et lancée en 2006, a été produite exclusivement à Douvrin jusqu’en fin d’année 2024, date à laquelle sa deuxième génération a atteint la fin de sa vie commerciale. Sa nouvelle version est aujourd’hui industrialisée en Hongrie mais continue d’approvisionner des usines françaises pour être intégrée dans des Peugeot 408 ou le tout nouveau Citroën C5 Aircross.

Réorientation de la production vers l'électrique

De son côté, l’usine de Trémery sait qu’elle va se détourner progressivement des moteurs thermiques mais elle est déjà prête pour la suite. Depuis 2019, une partie du site industriel a été aménagée pour accueillir les activités de Emotors, une coentreprise fondée par Stellantis et le fabricant japonais de moteurs électriques Nidec. Son rôle : fabriquer les moteurs électriques de diverses tailles qui équipent les véhicules à batterie de Stellantis, avec une capacité de production installée de plus d’un million de moteurs par an. En raison de l’essor moins rapide qu’escompté des ventes 100% électriques, l’usine n’est pas encore à pleine cadence mais a lancé la production de trois des cinq familles de moteurs électriques (M2, M3 et M4) du constructeur, ainsi que des onduleurs.

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