Réglementation, déficit commercial... Les enjeux derrière les assises de la forêt et du bois

Le gouvernement donne le coup d’envoi des assises de la forêt et du bois mardi 19 octobre. Objectif affiché : apporter des réponses concrètes aux différentes difficultés de la filière.

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Bois et forêt - Rondins
Des tensions existent, dans la filière, sur la question des exportations de grumes.

Annoncées en juillet dernier par le Premier ministre Jean Castex, les assises de la forêt et du bois s’ouvrent mardi 19 octobre, pour une restitution prévue en janvier 2022. Cette séquence de travaux entre acteurs de la filière sera articulée autour de quatre thématiques : garantir la neutralité carbone et augmenter la contribution de la filière forêt-bois, gérer la problématique de résilience des écosystèmes forestiers, renforcer les capacités de valorisation de la ressource nationale et améliorer le dialogue entre les parties prenantes de la gestion forestière.

Quatre membres du gouvernement (Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, Bérangère Abba, secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité et Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du Logement) doivent donner le coup d’envoi de ces assises. Elles doivent apporter « des réponses très opérationnelles » et « dépasser les difficultés » de la filière, selon le cabinet du ministre de l’Agriculture.

RE2020 et déficit commercial au menu des échanges

Cet événement intervient quelques mois avant l’entrée en vigueur, en janvier 2022, de la nouvelle réglementation environnementale RE2020, intégrant l’ensemble des émissions du bâtiment sur son cycle de vie, dès la construction. « Cela induira notamment un recours plus fréquent au bois et aux matériaux biosourcés, qui stockent le carbone pendant la durée de vie du bâtiment. Au-delà, le recours aux matériaux géosourcés, la décarbonation des filières industrielles plus usuelles et surtout l’introduction de davantage de mixité des matériaux seront aussi fortement encouragés », explique le ministère de la Transition écologique. 

Parmi les chantiers identifiés, figure également le nécessaire rapprochement entre les pratiques des scieurs et les besoins des transformateurs. « Il y a de export de bois non-transformé, et un import de bois transformés et techniques. L’enjeu sera de reconnecter la filière », estime-t-on au cabinet de Julien Denormandie. En 2019, le déficit commercial de la filière bois a atteint le niveau record de 7,37 milliards d’euros. La gestion de la dynamique du renouvellement forestier sera aussi au menu de ces assises. Des appels à manifestation d’intérêt sont prévus.

Des élus et des personnalités qualifiées co-présideront chacun des quatre groupes de travail. Le gouvernement rappelle qu’une enveloppe de 200 millions d’euros avait été initialement débloquée dans le cadre de France Relance, augmentée de 100 millions d’euros supplémentaires grâce à un redéploiement de fonds issus du plan. 

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