Ecoles d'ingénieurs : Comment Centrale Nantes est devenu la référence de la formation à une ingénierie sobre

Cet été, L'Usine Nouvelle met en avant les écoles d'ingénieurs qui forment leurs élèves aux technologies "low tech". Depuis trois ans, Centrale Nantes propose une spécialisation quasi-inédite en France : "Ingénierie des low tech". À travers des projets concrets, les étudiants développent des solutions sobres et durables pour réinventer la construction, l’énergie ou encore l’alimentation.

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Après avoir travaillé sur l'aménagement d’un catamaran avec des systèmes low-tech, les étudiants du cursus de spécialisation « Ingénierie des low-tech » imagine la construction et la rénovation de demain. (Photo d'archives).

“Ingénieur low tech”. Le titre reste rare dans le paysage français, mais est accessible via Centrale Nantes depuis trois ans. L’école d’ingénieurs propose en effet un cursus de spécialisation "Ingénierie des low tech", qui accueille chaque année entre 6 et 12 étudiants de deuxième ou troisième année. Cette spécialité repose sur une collaboration avec une entreprise ou une association partenaire via une pédagogie par projet : sur les 600 heures, seuls 200 sont des cours en classe. 

Les premières années, la fondation Explore du navigateur Roland Jourdain a été mise à contribution : «les étudiants ont travaillé sur l'aménagement d’un catamaran avec des systèmes low tech, explique Jean-Marc Benguigui, ingénieur, enseignant chargé de la spécialisation. Plusieurs thèmes étaient ainsi abordés allant de l’alimentation avec l’hydroponie (culture de plantes sans terre, NDLR) au cuiseur solaire en passant l’upcycling de batteries.»

En effet, les low tech trouvent des applications dans divers domaines : ce sont des technologies utiles, accessibles et durables. Elles sont conçues pour répondre à des besoins essentiels tout en limitant leur impact écologique, social et sociétal sur l’ensemble de leur cycle de vie. Elles se caractérisent de plus par leur capacité à être réparées, modifiées ou réutilisées facilement, favorisant une culture technique partagée et adaptée aux ressources disponibles. 

Un terrain d'expérimentation

Depuis septembre 2024, l’école a un nouveau partenaire : Kerlotec. Créée par l'entrepreneur et ingénieur agronome Alain Fustec, cette entreprise possède le Château de Brélidy, dans les Côtes d’Armor. Ce lieu est un terrain d'expérimentation de plusieurs applications de la low tech, sur lequel les étudiants centraliens s'appuient pour imaginer la construction et la rénovation de demain.

À l'issue de leur cursus de spécialisation, la plupart des étudiants poursuivent en thèse, ou s'orientent vers des employeurs spécialistes du sujet comme l’Ademe ou le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Certains peuvent rencontrer leur premier employeur au “Forum low tech” organisé par l’école depuis trois ans et qui réunit des étudiants, des entreprises et des curieux.

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