Un nouvel entrant dans le fonds Bois et éco-matériaux. Eiffage rejoint Bpifrance (qui en est également gestionnaire), l’Etat, l’organisation professionnelle L’Ameublement français (rassemblant des entreprises de l’ameublement et de l’aménagement) et le Comité professionnel de développement des industries françaises de l’ameublement et du bois (Codifab). Eiffage apporte 8 millions d’euros, permettant de porter la dotation du fonds, lancé en décembre 2020, à près de 80 millions d’euros.
“On se penche en amont de la chaîne de valeur sur nos approvisionnements en matériaux bas carbone, renouvelables et biosourcés comme le bois et la paille. Beaucoup de matériaux bas carbone font leur entrée massive dans la construction. Le marché des isolants biosourcés progresse de deux chiffres chaque année, encouragé par la RE2020. Nous souhaitons investir localement, avec une traçabilité de la matière, de la forêt de provenance jusqu’au chantier, pour avoir du bois français, issu de forêts gérées durablement et transformé en France”, indique Valérie David, directrice du développement durable et de l’innovation transverse chez Eiffage.
La major du BTP (72 000 personnes, 16,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020) avait déjà participé au premier fonds bois (qui était alors circonscrit à ce seul matériau) entre 2009 et 2014, à hauteur de 25%. Doté de 20 millions d’euros, il faisait suite à la tempête Klaus, qui avait ravagé, en 2009, le sud-ouest de la France. Un deuxième fonds avait été lancé par Bpifrance sur la période 2014-2020, toujours en investissant en en fonds propres et/ou par l’intermédiaire d’instruments tels que des obligations convertibles, qui n'entraînent pas forcément une entrée au capital de l’entreprise.
Une volonté de structurer la filière
Prévu pour une durée de quinze ans prorogeable deux ans, avec une période d’investissement sur les cinq à six premières années, le fonds actuel (Fonds Bois 3) a fait l’objet d’un apport de 5 millions d’euros fléchés dans le cadre du plan France Relance, sur l’enveloppe totale de 200 millions d’euros dédiée à la filière forêt-bois. Il a vocation à accompagner des entreprises qui réalisent au moins 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, au moyen d’investissements compris entre 500 000 et 10 millions d’euros dans des PME et TPE françaises.
“Pour que le bois devienne un matériau de référence de la RE2020, il faut pouvoir fournir et se prémunir d’une trop grande variabilité du prix du bois transformé. On se retrouve actuellement à acheter du bois plus cher que l’an dernier. L’intervention du fonds peut contribuer à structurer plus la filière et celle des éco-matériaux, et nous l’espérons, contribuer à une plus grande visibilité pour les acteurs et l’établissement de partenariats. De plus, certaines importations posent des problèmes de qualité”, ajoute Valérie David.
Eiffage, qui dispose depuis 2017 d’un système de traçabilité du bois par blockchain et qui va prochainement l’étendre au béton et à l’acier, espère par ailleurs que l’action du fonds bois et éco-matériaux participera à mieux structurer ces filières, notamment au niveau de l’obtention plus rapide des certifications et des fiches de déclaration environnementale et sanitaire plus rapidement, de la duplication des solutions biosourcées dans les territoires et de la réduction du “time to market”.



