Le groupe industriel français Manitou, qui fabrique des engins de manutention, pour l’élévation de personnes et le terrassement, crée une coentreprise avec le chinois Hangcha, fabricant de chariots élévateurs industriels. Cette nouvelle entité, basée au Mans, dans la Sarthe, sera spécialisée dans la fabrication, c’est-à-dire l'assemblage, et la distribution de batteries lithium-ion.
Remplacer les batteries au plomb
Elle prendra place dans l’ancienne usine d’E4V, un site de 3500m² sur un terrain de 10000m², déjà configuré et sécurisé pour l’assemblage de batteries. Pour mémoire, E4V, qui avait misé sur la technologie lithium phosphate de fer (LMP), s’était doté de ce site pour assembler des packs de batteries destinées au marché des nouvelles mobilités, équipant de petits véhicules utilitaires ou urbains. L’entreprise visait également les solutions stationnaires, dédiées au stockage des énergies renouvelables. Mais après avoir culminé à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 100 salariés, l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire fin 2022 avant d’être reprise en juin 2023 par la société charentaise Arts Energy. Mais cette dernière avait décidé dès l'été 2024 d’arrêter le site du Mans.
La coentreprise Manitou-Hangcha recrutera sur place des ingénieurs, opérateurs, mais également des commerciaux et techniciens chargés du service après-vente. A terme, près de 30 emplois doivent être créés au Mans. «L'objectif de cette création est d'aider les clients à remplacer les batteries plomb de leurs véhicules (chariots, machines...) par des batteries lithium-ion plus durables afin d'allonger leur durée de vie», fait savoir Manitou. Ce projet accompagne la feuille de route stratégique "Lift" de Manitou visant à élargir son offre électrique et à atteindre 28% d’unités vendues d'ici 2030.
Selon Julien Waechter, vice-président recherche et développement de Manitou, l’avantage du chariot électrique est de pouvoir mener des chantiers dans les zones à faibles émissions (ZFE) pour un coût inférieur d'au moins 5% au thermique. Une charge électrique permet une journée de travail sur ce type d’engin. Le constructeur regarde aussi de près le rétrofit, ou la conversion des chariots thermiques en électrique. Un premier chariot télescopique «rétrofité» est testé sur le chantier du CHU de Nantes en lien avec Kiloutou et Bouygues. Pour les possesseurs d'un chariot Manitou thermique, ce rétrofit aura l'avantage de prolonger la vie d'engins déjà connus pour leur longévité. L'hydrogène fait aussi partie des voies explorées par Manitou avec, récemment, le lancement d'un deuxième prototype.
Deux constructeurs majeurs
Basé à Ancenis, en Loire-Atlantique, Manitou emploie 6000 salariés. Son plan "Lift" vise à porter son chiffre d’affaires à 3,8 milliards d'euros en 2030 contre 2,7 milliards en 2024 avec, à cette échéance, un résultat opérationnel courant supérieur à 7,5%. Cet objectif s'accompagnera de 600 millions d'euros d'investissements, hors acquisitions, dans les usines de Manitou avec, donc, une part substantielle pour la R&D. Quant à Hangcha, il revendique le huitième rang mondial des fabricants de chariots élévateurs avec un chiffre d'affaires de 2,29 milliards de dollars en 2024 correspondant à 280000 chariots élévateurs vendus, un point culminant pour ce groupe présent dans plus de 180 pays avec près de 20 filiales internationales.



