Evolis, l’organisation française des fabricants de machines et de biens d’équipements, tire la sonnette d’alarme. Une arrivée massive de robots industriels chinois à bas coût se profile en France. « Certains de nos industriels sont très préoccupés », alerte Fabien Vincentz, son président.
Les roboticiens produisant en Europe font face à la concurrence de ces produits vendus 70 % moins chers pour une qualité proche. Une problématique similaire se pose pour les AGV – véhicules à guidage automatique – et les machines-outils. « Ces produits sont fabriqués dans des économies très fortement subventionnées par l’État chinois, ajoute Fabien Vincentz. On se retrouve dans un désavantage compétitif majeur, et l’Europe ne fait rien. » Les gigafactories françaises de batteries en sont un exemple marquant : elles sont allées se fournir en machines chez les acteurs asiatiques, plus matures sur le segment de la batterie et donc jugés plus rapides et sûrs que les fabricants européens. Au grand regret de ces derniers, déçus de ne pas avoir profité des investissements massifs réalisés.
Aujourd’hui, le président d’Evolis demande la mise en place d’une « préférence sur les produits fabriqués en Europe de façon vertueuse ». Une façon de se protéger face à ces équipements industriels à bas coût en provenance de Chine, mais aussi face à la politique protectionniste du président Donald Trump, qui pourrait forcer les fabricants français de machines à aller produire aux États-Unis pour assurer leur place sur ce marché clé.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3740 - Mars 2025



