Les applications potentielles des matériaux supraconducteurs à haute température sont nombreuses et pourraient représenter des marchés de plusieurs milliards d’euros. Accélérer le développement et la structuration d’une filière française qui puisse se positionner en chef de file dans ce domaine, c’est l’objectif du vaste programme de recherche SupraFusion dont le lancement a eu lieu fin mars à CentraleSupélec, à Gid-sur-Yvette(Essonne).
Copiloté par le CEA et le CNRS, associant une vingtaine de partenaires et quelque 200 chercheurs, ce programme exploratoire est doté par France 2030 d’un budget de 50 millions d’euros. Les matériaux supraconducteurs sont capables de supporter des courants d’intensité très élevée, ce qui les rend indispensables pour générer les très forts champs magnétiques utilisés dans les IRM, les accélérateurs de particules ou encore dans la fusion nucléaire par confinement magnétique. Mais ils doivent être utilisés à des températures très basses, autour de 4 kelvin (- 269 °C), ce qui en limite l’usage. D’où l’intérêt pour les supraconducteurs dits à haute température (allant jusqu’à - 193 °C), moins contraignants et permettant d’accéder à des inductions magnétiques très élevées.
Le sujet est toutefois émergent et complexe. Les partenaires se donnent sept ans pour aboutir à un démonstrateur et explorer des applications de rupture.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n°3743 - Juin 2025



