Entretien

« Nous passerons à deux ou trois projets de supraconductivité par an », annonce le vice-président de Nexans, Jérôme Fournier

Jérôme Fournier, le vice-président de Nexans chargé de l'innovation, détaille les projets de R&D de l'entreprise pour mettre en œuvre sa stratégie d'électrification. Le groupe spécialiste des câbles industriels a présenté des résultats financiers record pour le premier semestre 2022 ce 27 juillet, avec un bénéfice net de 199 millions d'euros.

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Jérôme Fournier compte accélérer le déploiement de la technologie de supraconductivité de Nexans dans les années à venir.

Quels sont les impacts de la nouvelle stratégie d’innovation de Nexans ?

En 2019, 80 millions d’euros ont été investis dans un portefeuille de 250 projets de R & D et 34 domaines d’innovation. Depuis l’an dernier, ce budget est centré sur 14 road maps dédiées aux trois verticales de l’électrification : production et transmission, distribution, utilisation. L’enjeu est d’augmenter les puissances transmises et d’améliorer la fiabilité des systèmes, le tout dans une démarche de développement durable et en étant compétitif.

Comment se traduisent vos travaux ?

Pour relier les futurs champs d’éoliennes offshore, nous expérimentons des câbles flottants « dynamiques », qui supportent le stress mécanique de la mer et des tensions de plus de 500 kV. Nos équipes travaillent aussi sur des isolants produits à partir de bâches agricoles ou de géopolymères pour réduire les risques d’incendie. Un autre axe porte sur la digitalisation des réseaux, avec des câbles monitorés grâce à des capteurs. L’objectif est de prolonger la durée des installations en assurant la maintenance préventive.

Nexans travaille depuis vingt ans sur la supraconductivité. Où en êtes-vous ?

D’un projet tous les deux ans, nous espérons passer à deux ou trois chaque année. En juin, Nexans a signé un contrat avec la SNCF pour déployer sa technologie à la gare Montparnasse. Une première en France. Ce câble de 20 centimètres de diamètre refroidi dans une enveloppe cryogénique à - 200 °C fait passer un courant électrique de 3 500 A. La solution évitera d’importants travaux de génie civil et des risques de black-out.

Propos recueillis par Laurent Rousselle

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n°3708-3709 - Juillet-Août 2022

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