Première mondiale pour Nexans. Le fabricant de câbles français a annoncé, lundi 21 juillet, avoir fabriqué un prototype de câble entièrement composé de matériaux recyclés. Long d’un kilomètre pour un diamètre compté en millimètres carrés, ce nouveau venu vise le marché de la basse tension, installateurs du bâtiment et datacenters en ligne de mire. «Nous avons qualifié techniquement le nouveau câble, reste désormais à passer les étapes d’industrialisation et de commercialisation», résume Jérôme Fournier, vice-président de l'innovation de Nexans.
Principal défi pour passer à la production de masse : réduire les milliers de kilomètres parcourus par les matériaux du nouveau câble. Le cuivre recyclé du prototype provient d’un sous-traitant chinois ; le polyéthylène et le PVC recyclés sont issus, eux, de fournisseurs européens. L’usine chinoise de Nexans à Yanggu a effectué les opérations de tréfilage – consistant à obtenir des sections et une forme de câble précise. L’entreprise a ensuite réalisé l’extrusion de son câble en France. Son centre de recherche et développement AmpaCity à Lyon (Rhône) a procédé à l’assemblage final.
L’entreprise attend avec impatience la mise en service de ses deux nouveaux fours dans son usine de Lens (Pas-de-Calais), prévue en 2028. D’un montant de 90 millions d’euros, l’investissement doit notamment permettre au spécialiste du câble de se doter d’un four de raffinage, capable de générer 80000 tonnes de cuivres recyclés par an. «On ne va pas faire venir du cuivre de Chine juste pour dire qu'on est en 100% recyclé. Il faut vraiment que ça soit sur des boucles courtes», explique Jérôme Fournier.
Une fois ses nouveaux fours mis en service dans son usine de Lens, l’entreprise estime atteindre un coût équivalent entre câbles entièrement fabriqués en matériaux recyclés et non-recyclés, «de l’ordre de 1% à 2% de plus». Côté empreinte carbone, l’entreprise espère pouvoir atteindre une réduction de 76% des émissions de gaz à effet de serre au cours de la fabrication du câble, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la mise en service. Ce prototype vise à rapprocher l’entreprise de son objectif d’intégrer un quart de cuivre recyclé dans sa production de câbles à l’horizon 2028.

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Partenariat avec RTE pour des câbles haute tension en partie recyclés
Dix jours plus tôt, le fabricant de câbles avait annoncé le lancement d’un partenariat avec le gestionnaire du réseau de transport électrique RTE. Objectif : développer une filière industrielle complète de recyclage d’aluminium destiné à la fabrication de câbles électriques. «Pour la première fois, des câbles du réseau de transport d’électricité pourront être recyclés en France, avant d’être réinstallés sur les lignes à haute et très haute tension de RTE», indique la filiale d’EDF dans un communiqué.
Dans le détail, Nexans doit prendre en charge la valorisation intégrale des câbles aériens en France. Ces câbles sont collectés sur tout le territoire, puis broyés sur le site Recycâbles de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais). Les matériaux récupérés sont ensuite réinjectés dans la filière française de production de fil d’aluminium. Ce «fil machine» sert à Nexans pour la fabrication de câbles recyclés dans son usine belge d’Elouges. Ces câbles doivent servir à la fois le réseau français et les autres clients de Nexans.
Officialisé après des tests concluants menés à partir de 2023 sur des câbles de RTE dans le Maine-et-Loire et en Corrèze, ce partenariat vise à recycler 600 tonnes d'aluminium par an à partir de 1000 tonnes de câbles. RTE espère ainsi obtenir un contenu de 10% d’aluminium recyclé dans les câbles installés dès 2025 jusqu’à progressivement atteindre 30% du réseau à l’horizon 2040.



