Carton plein pour Sanofi et GSK. Quelques heures après l’annonce par les Etats-Unis d’un méga contrat pouvant aller jusqu'à 2,1 milliards de dollars visant à leur fournir 100 millions de doses, et deux jours après la précommande de 60 millions de doses passée par le Royaume-Uni, l’Union européenne a choisi à son tour le vaccin en cours de développement contre le Covid-19 par les laboratoires pharmaceutiques français et anglais.
"L’Union européenne vient de franchir un pas décisif dans les discussions avec Sanofi-GSK, lui permettant d’envisager un contrat de réservation de 300 millions de doses du vaccin contre le SARS-CoV-2", se félicitent ainsi dans un communiqué Olivier Véran, ministre des Solidarité et de la Santé, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie. Ils "saluent cet accord qui s’inscrit dans la stratégie européenne en faveur d’un accès global à un vaccin". Ce futur contrat "permettra à chaque Etat-membre de l’Union européenne de commander à des conditions avantageuses le vaccin, une fois que celui-ci aura apporté suffisamment de preuves de son efficacité et de l’absence d’effets secondaires", précisent-ils.
Une production européenne
Qu’en sera-t-il de la production ? "Nous allons tirer parti de notre fabrication en Europe (France, Italie, Allemagne...)", avait déjà indiqué Sanofi à L’Usine Nouvelle dans la foulée de l’obtention du contrat avec le Royaume-Uni. En première ligne devrait ainsi figurer le site de Marcy l’Etoile (Rhône), la plus grande usine de vaccins au monde pour Sanofi, où les équipes participent d’ores et déjà activement au développement de ce vaccin.
Sanofi peut compter sur un solide dispositif industriel dans les vaccins, avec trois usines dédiées en France (Neuville-sur-Saône et Marcy-l’Etoile dans le Rhône ainsi que Val-de-Reuil, dans l’Eure), trois en Asie, et six sur le continent américain... Pour fabriquer ce futur vaccin, "nous avons des capacités de production mondiales : européennes pour les Européens, américaines pour les Américains avec des sites de production aux États-Unis, qui fabriquent actuellement nos vaccins recombinants contre la grippe", voire même japonaises avec un futur contrat qui pourrait être confié à un sous-traitant local, confie-t-on chez Sanofi. Oubliée, donc, la polémique suscitée par le patron de Sanofi en mai, qui avertissait contre le risque que le vaccin soit fourni en premier aux Américains si les Européens ne se réveillaient pas à temps…
Une approbation espérée au premier semestre 2021
Sanofi prévoit de débuter une étude de tests de phase I/II en septembre, suivie d’une étude de phase III (sur un nombre important de malades) d’ici à la fin de 2020. "Si les données sont positives, son approbation réglementaire pourrait être obtenue dès le premier semestre de 2021", espère-t-il. Parallèlement, Sanofi et GSK augmentent leurs capacités de production de l’antigène et de l’adjuvant pour pouvoir assurer la fabrication de jusqu’à un milliard de doses par an.
La stratégie de l'Union Européenne
Après avoir formé l’Alliance inclusive pour un vaccin avec l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie, la France a rejoint l’équipe conjointe de négociation européenne. Celle-ci négocie, aux côtés de la Commission européenne, avec des industriels porteurs de projets, "l’objectif étant de composer un portefeuille d’options diversifiées, permettant de maximiser les chances de disposer rapidement d’un vaccin sûr et efficace, au cœur de la lutte contre le nouveau coronavirus", explique le gouvernement.
Par ailleurs, "au-delà des volumes réservés pour la population européenne, Sanofi et GSK se sont engagés auprès de la Commission européenne à réserver des doses aux pays les plus défavorisés, au travers de l’initiative mondiale sur les diagnostics, les traitements et les vaccins (ACT-A), sous l’égide de l’OMS et de la Commission européenne, précisent les ministres. Cette initiative soutenue par le président de la République vise à accélérer la recherche pour les tests, les traitements et les vaccins et à s'assurer de la diffusion la plus rapide possible des traitements et des vaccins."



