Pour la visite du président de la République sur son site de vaccins de Marcy-l’Etoile (Rhône) mardi 16 juin, Sanofi avait prévu les choses en grand. Le laboratoire français va investir 610 millions d’euros en France pour ses vaccins dans la région lyonnaise. Au-delà d’annoncer seulement que le "cœur de Sanofi bat en France", Paul Hudson, le directeur général du groupe, évoque un investissement destiné à "créer un hub de classe mondiale pour la R&D et la production de vaccins". Précisant qu’il ne faisait "aucun doute" que sur ce sujet "la France et Lyon sont les meilleurs endroits au monde pour engager un tel investissement stratégique".
Une usine capable de produire 3 à 4 vaccins en simultané
Le projet s’articule en deux phases. La principale, d’un volet de 490 millions d’euros, sera consacrée à la construction d’un site de vaccins décrit comme unique au monde. Alors qu’aujourd’hui, chaque vaccin nécessite un site de production, le projet de Sanofi parie sur une usine flexible, digitalisée, capable d’héberger plusieurs modules de production pour fabriquer en simultané jusqu’à 3 ou 4 vaccins. Le laboratoire français estime qu’il sera le premier acteur de l’industrie pharmaceutique à disposer d’une usine de ce type. L’objectif est de pouvoir moduler rapidement les productions et d’être en capacité de répondre à des urgences sanitaires, notamment pandémiques.
200 emplois créés
Baptisée Evolutive Vaccine Facility (EVF), cette usine inédite sera construite sur le site de Sanofi à Neuville-Sur-Saône (Rhône), là où le groupe avait fortement investi pour construire une usine pour son vaccin contre la dengue, reconvertie depuis pour des développements cliniques pour différents vaccins. 200 emplois sont à la clé pour ce projet. Les travaux devraient démarrer au troisième ou quatrième trimestre 2021, et la mise en service est ambitionnée pour le quatrième trimestre 2025.
Accélérer les projets industriels
Emmanuel Macron a évidemment salué ce projet, précisant qu’il "était dans l’air depuis trois ans" et qu’il "aurait pu être décidé à Singapour il y a encore quelques semaines". Selon un porte-parole de Sanofi, le gouvernement aurait facilité cette décision d’investissement en région lyonnaise en permettant de rapides pré-qualifications du projet et en promettant d’accélérer les procédures de qualification et d’autorisation.
Ce qui d’ailleurs rejoint l’une des nouvelles ambitions du président de la République : accélérer les projets industriels sur le territoire. Lors de son allocution sur le site de Sanofi à Marcy-L’Etoile, Emmanuel Macron a estimé que "réussir la bataille de l’emploi et de l’indépendance, c’est aussi savoir décider et aller vite", et qu’il fallait se défaire en France de cette "idée que perdre du temps et faire beaucoup de paperasse était une bonne manière d’avancer".
Concernant le secteur industriel de la santé, le président de la République prévoit d’ailleurs des mesures à la fin de l’été pour mieux accompagner le redéploiement industriel. Ce projet d’EVF s’accompagne aussi d’une option posée sur la table, à destination de la France, des Etats membres de l’Union Européenne ou d’autres acteurs des vaccins en Europe. Sanofi propose ainsi, avec l’aide de partenaires à identifier, une extension de son projet EVF pour y ajouter des capacités supplémentaires de vaccins ou d’anticorps monoclonaux, grâce à l’installation de cuves de culture cellulaire. Lesquelles pourraient être mises à disposition d’autres acteurs que Sanofi dans le domaine des vaccins.
120 millions pour un centre de R&D à Marcy-L’Etoile
Enfin, le second volet du projet porte sur un investissement de 120 millions d’euros sur le site de Sanofi Pasteur à Marcy-L’Etoile pour ajouter un centre moderne et digital de R&D, doté de laboratoires de biosécurité de niveau de confinement 3. Ce centre aurait pour mission de développer des vaccins contre les maladies émergentes et contre les risques pandémiques. Le groupe n’a pas précisé d’éventuelles créations de postes pour ce projet. La construction devrait démarrer d’ici à la fin de cette année, pour un site opérationnel fin 2024.



