Polémique assurée. Mi-mai, la France découvre les propos du dirigeant de Sanofi, Paul Hudson, reconnaissant – comme le révélait usinenouvelle.com dès le 24 avril – que le potentiel vaccin développé par le groupe français avec l’agence américaine de la Barda serait d’abord mis à disposition... des Américains.
La direction de Sanofi a depuis lors été convoquée par Emmanuel Macron, tandis que les appels à une mobilisation européenne se multiplient. Malgré la mobilisation de nombreuses équipes de recherche à travers le monde, rien n’assure qu’un vaccin arrivera bien en bout de course.
Les spécialistes le rappellent, il faudra attendre au mieux fin 2021. La science se retrouve parfois bloquée. Comme le prouve l’absence
de vaccin homologué contre le VIH et le paludisme (qui tuent respectivement 770 000 et 1 million de personnes chaque année). Pas de
vaccin, non plus, contre aucun coronavirus.
La compétition contre le Covid-19 oppose une bonne partie de l’industrie pharmaceutique mondiale, désireuse de mettre la main sur un marché potentiellement gigantesque, avec des pays solvables, comme la France, prêts à financer de grandes campagnes de vaccination.
Certains épidémiologistes ont bon espoir que le Covid-19, puisqu’il semble amené à circuler durablement sur notre planète contrairement au SRAS, se révèle être une cible plus facile pour mener à bien des essais cliniques. Le vaccin potentiel s’avérera-t-il suffisamment protecteur ?
Numéro un mondial des vaccins contre la grippe, Sanofi doit s’adapter chaque année à la mutation du virus... avec plus ou moins de succès, car il faut parier sur les futures souches qui circuleront. Personne ne connaît encore le taux de mutation du SARSCoV-2. Ni la quantité d’anticorps nécessaires pour déclarer une personne immunisée. Si le vaccin contre le Covid-19 reste urgent, il faudra encore faire sans... pour un bon moment.



