Et de deux. Alors que Delpharm a démarré mercredi 7 avril des productions du vaccin anti-Covid de Pfizer/BioNTech sur son site de Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir), le sous-traitant arme actuellement son site à Chambray-les-Tours (Indre-et-Loire), près de Tours, pour la production de vaccins anti-Covid.
En début d’année, Stéphane Lepeu, directeur général délégué de Delpharm avait déjà indiqué à l’Usine Nouvelle examiner "la possibilité d’augmenter les capacités" de production pour vaccins sur ce "site de produits stériles à Tours". Dans le cadre du plan France Relance, l’Etat apporte 20 millions d’euros à ce second projet désormais sur les rails, qui conduira à la création de 70 emplois. Pour le moment, le calendrier n’a pas été dévoilé. Le démarrage de ces futures capacités est envisagé pour mi-2022 voire fin 2022 indique-t-on chez Delpharm .
Remplissage et conditionnement
Comme pour le projet déployé à Saint-Rémy-sur-Avre, site visité le 9 avril par Emmanuel Macron, le président de la République, ainsi qu’Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l’Industrie, il s'agira d'étapes finales de la production, soit celles de remplissage et de conditionnement des doses. Le groupe français ne sera pas en charge de la production de substances actives. Comme pour le premier projet, ces doses conditionnées en France seront à destination du marché européen. "Une part reviendra en France, à la hauteur de la part de la France dans les contrats européens de vaccins, qui est d’environ 15%", souligne-t-on du côté de l’Elysée.
Delpharm, fer de lance de la production de vaccins Covid en France
Le groupe français a été l’un des premiers à se positionner sur le soutien à la production de vaccins anti-Covid. Delpharm avait officialisé le 19 novembre 2020 son projet en Eure-et-Loir, pour soutenir la production en Europe du vaccin Pfizer/BioNTech, dans le cadre d'un contrat avec BioNTech. Le projet a consisté à modifier une zone de remplissage existante, à construire une nouvelle zone de remplissage pour augmenter les capacités de l’usine, ainsi qu’à ajouter des équipements pour la gestion spécifique des paramètres de froid, ce vaccin nécessitant une conservation à -70 degrés. En termes d’effectifs, Delpharm a recruté et formé 60 personnes pour ces nouvelles productions de l’usine, portant le total à 300 salariés environ. Côté financement, Delpharm a engagé 20 millions d'euros dans ce projet, dont 10,4 millions d’euros apportés par l'Etat pour soutenir ce projet industriel. Les capacités exactes n'ont pas été dévoilées, mais cette usine devrait produire une centaine de millions de doses cette année.
250 millions de doses produites en France en 2021
Au total, le gouvernement assure que la France sera en mesure de produire, au moins, 250 millions de doses de vaccins anti-Covid dès cette année. Un chiffre qui ne comprend que les productions pour le compte de tiers. Après le démarrage des lignes de Delpharm à Saint-Rémy-sur-Avre suivra celui, mi-avril, des lignes du sous-traitant suédois Recipharm sur son site de Monts (Indre-et-Loire), pour le vaccin de Moderna. Le sous-traitant Fareva devrait démarrer ses productions pour le futur vaccin de l’allemand Curevac à Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Val-de-Reuil (Eure), à l’horizon mai-juin. Sanofi devrait ensuite entamer cet été des productions sur son site de Marcy-L’Etoile (Rhône) pour le vaccin Janssen (Johnson & Johnson).
Pas de substance active, sauf chez Sanofi
Toutes ces productions françaises pour le compte de tiers se concentreront sur les étapes finales du vaccin, celles de remplissage et de conditionnement, mais aucunement sur la production de la matière active, le cœur du vaccin. A "moyen terme, nous voulons aussi augmenter les capacités de production de substances actives pour les vaccins", indique un porte-parole du ministère en charge de l’Industrie. Certains dossiers sont en cours d’instruction sur ce thème au ministère, dans le cadre du dernier appel à manifestations d’intérêt "Capacity Building" du plan France Relance, doté de 300 millions d’euros et lancé en février. Pour le moment, le seul industriel positionné en France sur la production de substance active pour un vaccin anti-Covid reste Sanofi. Le laboratoire français produit l’antigène du premier de ses deux futurs vaccins, repoussé en fin d’année, sur son site de Vitry-Sur-Seine (Val-de-Marne).



