Le 8 février, le ministère de l’Industrie a annoncé un nouvel appel à manifestation d’intérêt (AMI), doté de 300 millions d’euros, afin de soutenir les augmentations de capacités industrielles en produits de santé contre le Covid-19 en France, mais aussi en Europe. Un premier AMI, en juin 2020, sur ce même thème a permis de sélectionner 17 projets, soutenus pour un total de 160 millions d’euros a dévoilé également le ministère.
Parmi ces 17 projets, cinq ne sont pas encore rendus publics car "certaines de ces entreprises sont en cours de notification", selon un porte-parole. Au 8 février, douze d’entre eux étaient identifiés.
Deux projets menés par Seqens
Seqens, leader français de la chimie fine pharmaceutique, conduit deux grands projets. Le premier, porté par sa filiale Expansia, consiste en l’ajout d’un atelier de production de principes hautement actifs sur son site d’antiviraux et d’anticancéreux à Aramon (Gard). Le second, porté par sa filiale PCAS, concerne la relocalisation d’intermédiaires de synthèse et de principes actifs entrant dans la composition de 12 médicaments qui ont subi de fortes tensions pendant la première vague épidémique en France.
Ce second projet, pourvoyeur de la création de 80 à 100 emplois, se décline en une augmentation des capacités de R&D du centre Seqens’Lab à Porcheville (Yvelines), le déploiement d’un procédé chimique en micro-réacteurs qui doit être industrialisé à Couterne (Orne), et la modernisation et l’augmentation de capacités de production des usines de Seqens à Bourgoin-Jailleu (Isère) et Limay (Yvelines).
Trois projets de sous-traitance dans les vaccins
Trois projets sont menés par des sous-traitants pharmaceutiques déjà impliqués dans la production de vaccins anti-Covid en France. A Monts (Indre-et-Loire), où il conditionne le vaccin de Moderna, le suédois Recipharm prévoit d’ajouter deux lignes de production stériles pour des seringues pré-remplies et des flacons d’ici à 2023. 100 emplois pourraient être créés. La filiale Valdepharm de Fareva, qui remplira et conditionnera le futur vaccin de CureVac, prévoit d’ajouter une ligne de production de 18 à 20 millions de médicaments injectables en flacons stériles sur son site de Val-de-Reuil (Eure), pour des molécules génériques de corticostéroïdes, utilisées dans le traitement du Covid-19. 20 emplois seraient créés.
Enfin, l’AMI soutient les investissements de Delpharm dans son usine de Saint-Rémy-sur-Avre (Eure) pour remplir et conditionner le vaccin de Pfizer et BioNTech, via la modification d’une zone de remplissage et la construction d’une seconde pour augmenter les capacités de remplissage. Delpharm, qui a engagé les embauches de 60 personnes d’ici à l’été, pourrait aller jusqu’à 100 créations de postes au total sous trois ans.
Aguettant et Fab'entech mobilisés en région lyonnaise
Le laboratoire Aguettant, spécialiste français des solutions injectables d’anesthésie-réanimation, s’engage à produire sept nouveaux médicaments dans ce domaine qui a été sous très forte tension, avec parfois une demande qui avait bondi de 2 000 % pour certains produits d’anesthésie lors de la première vague. Le groupe, qui dispose de deux sites de production, à Lyon (Rhône) et Champagne (Ardèche) ainsi que d’une plate-forme logistique à Saint-Fons (Rhône), mène deux projets. D’un côté, il va implanter deux nouvelles lignes de production, en seringues pré-remplies et en ampoules en verre, d’une capacité combinée de 50 millions d’unités par an. De l’autre, il agrandira aussi un bâtiment logistique. Le laboratoire prévoit la création de 75 emplois au total.
A Lyon, le laboratoire Fab’entech, spécialiste des anticorps polyclonaux pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes et les menaces bioterroristes, planche sur le projet Capacity. L’objectif est d’optimiser et d’augmenter ses capacités industrielles pour une première thérapie à base d’immunoglobulines polyclonales contre le Covid-19. Huit emplois sont à la clé.
M2i LifeSciences et Seppic investissent dans le Sud
La PME française M2i LifeSciences est retenue pour son projet de production du principe actif de l’anesthésiant Gamma-OH. Selon le ministère de l’Industrie, ce médicament n’est "pas fabriqué en France et très peu en Europe". L’objectif sera de développer un procédé innovant et de rendre l’usine de l’entreprise, implantée à Salin de Giraud (Bouches-du-Rhône), plus flexible et dotée de capacités supplémentaires de production.
Filiale du géant Air Liquide, la société Seppic mène un projet centré sur un adjuvant de vaccins. Cet adjuvant, basé sur une technologie adaptée aux vaccins anti-grippaux et pandémiques, pourrait entrer dans la composition de vaccins anti-Covid. Seppic a ainsi engagé des augmentations de capacités dans son usine de Castres (Tarn) pour être capable de produire plusieurs centaines de millions de doses par an à partir de l’été 2021. Dix postes pourraient être créés sur le site.
Ferme pharmaceutique de porcs médicaux
Autre projet, plus étonnant : celui de la start-up biotechnologique nantaise Xenothera qui souhaite créer une ferme pharmaceutique d’élevage de porcs médicaux, capables de produire biologiquement le XAV-19... un anticorps polyclonal thérapeutique que Xenothera développe pour traiter des patients à risques d’aggravation du Covid-19. La société a démarré un essai clinique en septembre 2020 au CHU de Nantes (Loire-Atlantique) et dans une dizaine d’hôpitaux en France, avec l’ambition de décrocher une autorisation temporaire d’utilisation de ce traitement au cours de l’année 2021.
Poches de perfusion dans le Nord
Enfin, parmi les 12 projets identifiés pour le moment, se trouve celui de Carelide, un filiale du groupe français Verdoso, spécialisée dans les appareils et les solutions de perfusions médicales. Présentée par le ministère de l’Industrie comme "l’unique producteur français de poches de perfusions de solutions médicamenteuses d’intérêt majeur", Carelide va moderniser son site de Mouvaux (Nord) d’ici à 2025, afin d'accroître ses capacités de production. Le projet permettrait la création d’une quarantaine d'emplois.



