Seppic, filiale du groupe Air Liquide, prévoit d'investir 2 millions d'euros sur son site de Castres (Tarn), pour aménager une unité de production et accompagner l'industrialisation à grande échelle d'un nouvel adjuvant de vaccins pour la santé humaine.
"Avec cet adjuvant prêt à l’emploi, basé sur une technologie huile dans l'eau, reconnue pour son efficacité et son bon profil d'innocuité dans des vaccins prophylactiques pour la santé humaine, notre ambition est de contribuer au développement de nouvelles solutions vaccinales destinées à lutter contre les grippes saisonnières et pandémiques, mais aussi contre le Covid-19", précise Jean-Baptiste Dellon, directeur général de Seppic.
Le projet industriel, qui figure parmi les 31 premiers projets retenus dans le plan gouvernemental France relance au titre du soutien à la relocalisation de productions stratégiques, sera soutenu à hauteur de 25 % par les pouvoirs publics, avec à la clef la création de 10 à 15 emplois supplémentaires à Castres. "Depuis le mois de juillet 2020, un atelier pilote est déjà en capacité de produire au sein de notre usine tarnaise quelques centaines de milliers de doses pour accompagner nos clients dans leurs phases d'études et d'essais cliniques. L'objectif est maintenant de changer d'échelle, pour être en capacité d'ici l'été 2021 de produire l’équivalent de plusieurs centaines de millions de doses par an", souligne Jean-Baptiste Dellon.
Un produit co-développé avec le VFI
C'est l'aboutissement d'un projet de diversification engagé depuis plusieurs années par la filiale d'Air Liquide. Spécialisée dans le développement et la production d’ingrédients de spécialités, principalement pour la santé et les cosmétiques, Seppic avait inauguré en 2014, sur son site de Castres, de nouvelles installations dédiées spécifiquement à la production d’adjuvants de vaccins et d’injectables. Initialement positionnées sur le marché de la vaccination animale (fièvre aphteuse, grippe aviaire, maladie de Newcastle…), les équipes de R&D de la société se sont intéressées très vite aux vaccins humains, avec dans un premier temps la production de lots limités aux essais cliniques dans le cadre de projets de développement de vaccins thérapeutiques.
Dans la foulée, de nouveaux travaux ont été conduits en direction de vaccins prophylactiques. Au printemps 2020, la société a ainsi annoncé avoir franchi une nouvelle étape dans la mise au point d'un premier adjuvant huile dans l'eau pour vaccins prophylactiques humains dans le cadre d'un co-développement avec le VFI (Vaccine formulation institut), une organisation à but non lucratif basée en Suisse. Si plusieurs candidats vaccins contre le coronavirus, parmi lesquels ceux de Pfizer et de Moderna, se basent sur la technologie dite de l'ARN messager, de nombreux laboratoires pharmaceutiques ont fait le choix d'une voie plus traditionnelle de vaccins avec adjuvants. "Notre produit intéresse déjà plusieurs laboratoires dans le monde, en France, en Europe, mais aussi en Asie et en Amérique du Nord", assure Jean-Baptiste Dellon.
Seppic, dont le siège est basé à Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), emploie 800 salariés, dont 360 sur son site historique de Castres, où sont regroupés son site principal de production et un centre de R&D d'une centaine de chercheurs. La société, qui a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros, compte par ailleurs quatre autres sites industriels en France et plusieurs implantations à l'international, notamment aux USA et en Chine.



