Reportage

[Trophées de la transition écologique et des ressources humaines] EntEch, usine durable témoin

La start-up industrielle bretonne EntEch propose son modèle d’usine à énergie positive en open source et mise sur la bienveillance pour son management. Elle a reçu le prix de la transition écologique et celui des ressources humaines dans le cadre des Trophées des usines organisés par L'Usine Nouvelle.

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Pour favoriser le passage à l’électrique, le parking d’Entech est équipé de 16 points de charge gratuits.

Vous avez un projet de nouvelle usine ? Et vous souhaitez qu’elle soit écologique et favorise aussi vos recrutements ? Faites un détour par Quimper (Finistère). Une start-up industrielle, Entech, y a construit une usine durable témoin. « Notre projet se veut duplicable », explique Christopher Franquet, le PDG fondateur. Et surtout, ne pas se fier au nom E-factory. Même si Entech utilise l’intelligence artificielle pour développer ses systèmes de stockages d’énergies renouvelables, il ne s’agit pas d’une ferme de développeurs. C’est bien une usine où la start-up, en pleine croissance, conçoit et assemble en série, dans des conteneurs de seconde vie, des unités de stockage d’énergie intelligent.

L’une d’elles est d’ailleurs installée devant l’usine, pour gérer la production d’électricité solaire du site et la fourniture de l’excédent à trois de ses voisins industriels. Une première. Couverte de 4 200 m2 de panneaux solaires, l’usine d’Entech est un bâtiment à énergie positive, dont la labellisation allemande Passivhaus Premium est en cours. « Dès la conception du bâtiment, l’usine a été prévue pour avoir le plus faible impact possible », précise Laurent Meyer, le directeur du développement.

Des matériaux biosourcés

Inaugurée en septembre 2021, l’E-factory est un projet de trois ans qui a coûté 8 millions d’euros, dont 5,6 millions pour le bâtiment, mené en partenariat avec la SEM Breiz Immo, avec des aides du fonds européen Feder Énergie et de l’Ademe pour l’utilisation de matériaux biosourcés. Pas de poutres métalliques ici, mais du bois, breton, partout. Le design de l’usine a été adapté afin de ne pas dépasser une certaine taille de poutre pour garder un approvisionnement local. « On s’est ajouté beaucoup de contraintes », reconnaît Christopher Franquet.

Pour avoir un prix au mètre carré raisonnable, il a fallu rester sobre sur les finitions. Pas de faux plafonds, mais une isolation bois et des panneaux sandwich pour une totale étanchéité de l’air, afin de maintenir le bâtiment de 4 000 m2 en dépression, afin d’assurer une température annuelle de 20 °C dans le bureau d’études et de 17 °C dans l’atelier. Seule la partie stockage n’est pas régulée.Certifié Iso 9001 et 14001 depuis cinq ans, Entech a obtenu la note de 77/100 au Gaïa Index pour sa politique ESG. « Garder cette note nécessite un travail à plein temps », admet Laurent Meyer, le directeur du développement.

Entech opère un bilan carbone complet sur les scope 1, 2 et 3. Sur les 1 et 2, le plus gros poste est celui des transports. Sur le 3, c’est la production des panneaux photovoltaïques et des batteries. À l’été 2021, la start-up a lancé la mesure de l’impact carbone de ses fournisseurs. L’autre gros poste du scope 3 reste la mobilité des collaborateurs.

Une expérience unique dans l'industrie

Pour favoriser le passage à l’électrique, le parking est équipé de 16 points de charge gratuits utilisés par 15 véhicules électriques, dont les trois de la société. Un plan vélo est en développement. Pour rester en cohérence avec son positionnement d’entreprises de la transition écologique, Entech s’est fixé comme valeurs l’innovation, la performance et la bienveillance, notamment pour l’intégration des nouveaux salariés. « Mais il est finalement assez dur d’être bienveillant tout le temps. Ce n’est pas inné », observe le PDG.

Image d'illustration de l'articleH. Ronne / Réa
Entech Smart Energies, ZA Menez Prat de Quimper Entech Smart Energies, ZA Menez Prat de Quimper (Herve RONNE/REA/Herve RONNE/REA)

L’un des atouts d’Entech, son attractivité auprès de certains de ses salariés qui, à midi, transforment l’atelier en terrain de badminton... © H. Ronne / Réa

Malgré tous ces atouts, Entech n’a pas encore réussi à faire école. Le retour sur investissement de quinze ans paraît long aux industriels. « Ce que l’on ne voit pas, c’est le rôle d’attractivité et d’image employeur du bâtiment perçu comme un point positif dans nos enquêtes », constate Laurent Meyer. Et il est vrai qu’entrer chez Entech est une expérience  unique dans l’industrie. On a envie de s’y installer pour travailler, voire se détendre. Ce que font les salariés. À midi, certains installent leur filet de badminton dans l’atelier. D’autres filent au potager collaboratif créé au printemps. Le jeudi, l’un des collaborateurs invite à une séance de yoga. Résultat, chez Entech, le turn-over demeure faible et le recrutement presque facile.

L'usine de Quimper en chiffres

  • 9,4millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021
  • 95 salariés
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