S’il y avait eu un trophée de la plus belle usine, MGA MedTech aurait pu y prétendre sans complexe. Dans l’écoparc de Mably (Loire), elle s’érige élégamment, avec ses murs blancs entrecoupés de structures en bois. Son toit en sheds, avec ces dents de scie caractéristiques d’anciennes usines, est recouvert ici de panneaux solaires côté sud et de vitrages côté nord pour la luminosité interne. Avec ses murs de béton nu, rythmés de modules de bois sombres et de métal noir, l’espace bureaux est à la pointe de la modernité. Il s’ouvre sur une vaste usine en lumière naturelle d’une centaine de mètres de longueur sur 28 de largeur. Pour couronner le tout, le bâtiment est écoresponsable et à énergie positive. L’usine a été construite en quelques mois seulement, en 2023, avec un lancement des opérations en décembre, pour un investissement de 10 millions d’euros.
MGA MedTech a été fondée en 2022 par le groupe lyonnais MGA Technologies, spécialiste des machines spéciales pour l’industrie et les semi-conducteurs. Mais son héritage provient en partie de Noviloire, une entreprise d’instrumentation médicale lancée en 1981 à Roanne (Loire). Noviloire avait rejoint le giron du groupe américain Bio-Rad, qui avait toutefois décidé de délocaliser cette activité en Chine et avait fermé l’usine en 2021. Certains anciens de Noviloire ont été repris par MGA MedTech qui compte actuellement 37 salariés et bientôt 65 dès 2025, selon les projections.
Des séries de 100 à 1 000 unités par an
Son ambition est de devenir un leader français dans plusieurs secteurs : la sous-traitance d’instruments pour le diagnostic in vitro, les équipements de procédés pour les thérapies – génique et cellulaire – innovantes en plein boom, et des dispositifs médicaux mécatroniques intelligents.
Dès le début du projet, la volonté était de « construire une usine modèle, intégrée dans l’industrie 4.0, entièrement sans papier, avec un flux physique en parallèle d’un flux digital », décrit Sébastien Bernay, le directeur du site. Le papier a bien disparu. De la R&D jusqu’à la production, tous les postes de travail sont digitalisés. L’usine s’appuie sur ses propres systèmes ERP (logiciel de planification d’entreprise) et EMS (système d’exécution de la production). Au cœur de l’usine, un premier îlot, sur les quatre prévus, est actuellement en service, entièrement modulaire. Il va « produire quatre types d’instruments en parallèle », commente Sébastien Bernay. Les opérateurs bénéficient d’un poste de travail mobile, reconfigurable et adaptable à chaque production. Spécialistes de l’optronique, de la mécanique ou encore de la microfluidique, ils travaillent tous avec un écran individuel, enregistrant chaque étape de la fabrication, afin d’obtenir in fine un tracé intégral de la création de chaque machine.
À proximité immédiate des lignes de production, MGA MedTech a aussi implanté une logistique digitalisée et robotisée pour la gestion des composants et des produits. Des étagères mobiles sont déployées, alimentées et gérées par des robots mobiles autonomes (AMR). Ils circulent dans leur zone et font le lien avec un système d’étagères de stockage à la verticale, entièrement automatisées pour récupérer pièces et composants dans les magasins, selon les besoins.
L’usine est dimensionnée pour gérer des séries et préséries de 100 à 1 000 unités par an. Elle a démarré ses productions avec la société franco-américaine Stilla Technologies, dans le cadre d’un contrat de 100 unités pour une machine compacte de tests PCR. Celle-ci était destinée à la recherche biomédicale et était capable de tester plus de 700 échantillons toutes les huit heures pour du diagnostic in vitro. Stilla fournit les puces électroniques et MGA MedTech prend en charge tout l’assemblage et l’intégration. Reste à remplir l’usine en séduisant d’autres clients, qu’il s’agisse de start-up industrielles ou de grands groupes internationaux de la medtech.
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