Suez signe un accord de télétravail post-Covid pour deux jours par semaine

Le deuxième groupe français de traitement de l’eau et des déchets, Suez, a annoncé le 13 novembre avoir signé avec ses syndicats un accord ouvrant la possibilité de deux jours de télétravail par semaine, pérennisant le travail à distance au-delà de la crise au Covid-19.

Réservé aux abonnés
Suez
Suez

Suez, deuxième groupe français de services à l’environnement et de recyclage, va pérenniser le travail à distance, après l'avoir testé sous la contrainte durant le confinement lié à la pandémie de Covid-19. Le groupe a annoncé le 13 novembre avoir signé avec la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC et FO un accord portant sur deux jours de télétravail par semaine, pour ses salariés dont les fonctions le permettent. Seule la CGT n’a pas signé, regrettant que l’accord n’aille pas plus loin en termes de liberté d’organisation et de compensations.

"Pas d’accord sans le Covid"

"Nous n’aurions jamais signé cet accord-là, maintenant, sans l’expérience du confinement du printemps dernier", reconnaît Isabelle Calvez, directrice des ressources humaines du groupe Suez. Ce n’était pas la culture de l’entreprise, où le télétravail tendait encore à être considéré comme du non-travail, dédié à la garde d’enfants. Finalement, "ça s’est tellement bien passé" que cette diversification a été plébiscitée, constate la DRH.

"Lors d’une enquête interne menée au mois de mai dernier, les collaborateurs ont salué le télétravail et ont exprimé leur volonté de le pérenniser ", précise le groupe. Une réflexion a donc été entamée, qui aboutit aujourd’hui à cet accord.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Les conditions de travail à distance questionnées en amont

"Durant le confinement, 25% des collaborateurs ont travaillé à domicile", précise Suez. Isabelle Calvez en retient une grande efficacité, mais aussi la mise en lumière d'une fracture sociale, amplifiée par les différences de conditions de travail. "Lorsque vous n’avez pas une surface suffisante par personne, trop de bruit pour mener des échanges en visio ou pas la possibilité de vous isoler d’enfants gardés à la maison, il est difficile de se concentrer." Ce temps de télétravail ne pouvait donc pas être obligatoire en dehors des mesures sanitaires.

Les deux journées par semaine sont une répartition moyenne, qui peut fluctuer en fonction des tâches du salarié, de ses besoins mais également de ceux du manager et de l'entreprise. Le salarié pourra éventuellement se mettre quelques jours au vert pour plancher sur un projet, mais il devra aussi se rendre dans les locaux si les besoins de son service l'exigent.

Cette possibilité de travailler à distance, sur la base du volontariat, n'est pas pour autant accordée à tous les salariés de Suez. D'abord, certaines fonctions opérationnelles dans l'eau et les déchets, en première ligne pendant le Covid, ne peuvent pas être assurées à distance. Ensuite, "ce mode de travail que nous soutenons et désirons voir prospérer implique que des facteurs clefs soient réunis : responsabilité, autonomie et confiance mutuelle entre le collaborateur et sa hiérarchie", explique Isabelle Calvez.

Le groupe a donc posé plusieurs conditions à la validation des demandes. "Le poste occupé doit être compatible avec cette organisation du travail", détaille Suez dans un communiqué. "Le salarié doit détenir des aptitudes individuelles d’organisation et un degré d’autonomie avéré sur son poste de travail.  Son domicile "doit être adapté au travail à distance : espace de travail, ergonomie et tranquillité", et " doté d’une connexion internet haut débit sécurisée". Le salarié doit, enfin, "répondre aux exigences en matière d’assurance multirisques habitation".

Des compensations pour les frais

Suez, de son côté, facilitera ce travail à distance en équipant chacun d’un ordinateur portable, d’un accès VPN en cas de besoin, et de solutions de téléphonie par ordinateur ou téléphone mobile. Il en compensera le coût sous la forme d’une allocation forfaitaire pour frais de 20 euros par mois, exonérée de charges sociales, et de titres restaurant pour les jours télétravaillés.

Les salariés auront également accès à des tarifs privilégiés, négociés par la direction des achats du groupe, pour l’achat de certains périphériques informatiques et mobiliers bureautiques, comme des chaises de bureau, des casques et des imprimantes."L’accord garantit le maintien du pouvoir d’achat, tout en permettant de préserver les salariés de l’isolement social par une répartition du temps de travail à leur initiative", a commenté Cédric Tassin, coordinateur syndical groupe CFDT.

Multiples gains attendus

Suez ne prévoit pas de contrôler le temps de travail de ses salariés à distance, cette organisation reposant sur la confiance mutuelle et l'autonomie. "La présence, ce n’est pas du travail", tranche Isabelle Calvez. "L’efficacité professionnelle ne se mesure pas en termes de temps" et elle est généralement plus grande lorsque le salarié peut alterner des temps au calme avec des temps d’émulation au bureau, cumulés à une qualité de vie personnelle satisfaisante, croit la DRH de Suez.

Le temps gagné sur les trajets, la possibilité de s’organiser avec une certaine souplesse et l’empreinte environnementale réduite sont les principaux facteurs qui ont sous-tendu cette décision. Isabelle Calvez considère que le temps gagné sur les trajets a été reversé assez équitablement entre vie familiale et temps de travail. "Nous pensons aussi que nous aurons moins d’absentéisme", parce que les salariés devant assurer une garde d’enfant malade ou un rendez-vous médical pourront s’organiser.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.