Eboueurs, salariés des centres de tri des déchets, conducteurs de bus, chauffeurs routiers, caissiers et caissières, agents de sécurité des commerces et transports en commun, salariés des abattoirs et de la transformation de la viande, salariés des pompes funèbres... Tous feront partie, dès le samedi 24 avril et pour deux semaines, des vingt nouvelles professions prioritaires à la vaccination. A condition d’avoir plus de 55 ans, ce qui représente 400 000 personnes, des créneaux horaires leur seront réservés dans les centres de vaccination.
Depuis le week-end des 20 et 21 avril, une dizaine de premières professions – enseignants, forces de l’ordre, personnels pénitentiaires, assistantes maternelles… - représentant également 400 000 personnes de plus de 55 ans, bénéficient déjà d’un accès prioritaire aux centres de vaccination. Avec un succès mitigé, ce qui a sans doute accéléré la présentation de nouvelles professions prioritaires.
Exercer son travail en milieu clos
La liste des métiers de cette deuxième vague de vaccinations prioritaires, publiée le 20 avril au soir, est issue d’une rencontre, le 20 au matin, entre les représentants syndicaux et patronaux et le ministère du Travail. Ces métiers ont été choisis parmi ceux identifiés lors de travaux précédents comme appartenant à « la deuxième ligne ». Ces professionnels, exposés par la nature même de leur travail, au virus, et présents sur site pendant le premier confinement car non éligibles au télétravail, sont estimés au global à 4,5 millions.
Beaucoup trop nombreux pour être prioritaires… Il a donc fallu ajouter des critères supplémentaires : travail en milieu clos (ce qui exclut les agriculteurs ou certains professionnels du bâtiment), ou difficultés à respecter les gestes barrières, ou « professions identifiées à risque par l’Institut Pasteur », précise l’entourage de la ministre du Travail. Dans son étude ComCor, les chauffeurs routiers étaient considérés comme très exposés au virus, suivis des professionnels intermédiaires de la santé et du social et des chefs d’entreprise. Ces derniers, tout comme les indépendants ou intérimaires, s’ils exercent dans les professions prioritaires, auront droit à la priorité vaccinale. Il s'agira par exemple des boulangers et bouchers, salariés ou patrons.
Attestation sur l'honneur
Une grande souplesse est laissée dans l’identification des prioritaires : il suffira d’une attestation sur l’honneur ou d’un bulletin de paie. Ce sont les Agences régionales de santé (ARS) qui dresseront la liste des centres de vaccination et définiront les modalités de prises de rendez-vous – sur Doctolib, par exemple. Comme tous les Français de plus de 55 ans, les salariés concernés peuvent également se faire vacciner chez leur médecin, en pharmacie ou par la médecine du travail. Dans tous les cas, ils recevront un vaccin AstraZeneca, le seul proposé dans les créneaux prioritaires de vaccination.
Les services de santé au travail des professions concernées, surtout s'ils sont encouragés par les employeurs, vont certainement accélérer la montée en charge de la vaccination. Qu’un salarié pourra toujours refuser. Le ministère du Travail, comme le Medef il y a quelques jours, encourage les employeurs à autoriser leurs salariés à aller se vacciner sur leur temps de travail.
La date du 24 avril n’est qu’une étape dans l’accès progressif de la population à la vaccination, une méthode pour s'accommoder de doses toujours insuffisantes. Certains syndicats auraient aimé que tous les professionnels particulièrement exposés au virus puissent être vaccinés, pas seulement les plus de 55 ans. A la RATP, à cet âge-là, beaucoup sont retraités. Et ils ne représentent que 13% des enseignants du primaire et du collège. Dans deux semaines, d'autres ouvertures devraient être annoncées. Patience.



