Le 15 mars dans l’après-midi, le Premier ministre réunit, en visioconférence, les huit organisations représentatives des salariés et des employeurs, pour une troisième «conférence du dialogue social» depuis qu’il est à Matignon. A l’ordre du jour : la sortie de crise. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, lancera une concertation avec les partenaires sociaux pour décider quelle mesure de soutien à l’économie sera allégée, voire supprimée, et à quel rythme.
«Des réunions bilatérales se sont déjà tenues avec chacun des partenaires sociaux entre mi-janvier et début février, pour préparer cette concertation», indique Matignon. Pas question de «débrancher trop vite» le robinet des aides, au risque de provoquer les dégâts que justement le gouvernement a cherché à éviter jusqu’ici. Mais il va bien falloir sortir peu à peu de la perfusion sous laquelle est maintenue l’économie. Ou «faire évoluer les dispositifs de crise en dispositifs de rebond, au moment où on sortira des restrictions sanitaires», indique l’entourage du Premier ministre.
Au cœur des discussions, les exonérations de charges, les facilités de trésorerie, les prêts garantis par l’Etat, les aides à l’embauche des jeunes, le soutien à l’apprentissage, l’activité partielle…
Revalorisation des métiers de deuxième ligne

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Deuxième gros sujet de cette troisième conférence sociale : la revalorisation des métiers de la «deuxième ligne», ces caissières, salariés de l'agroalimentaire, livreurs, qui se sont exposés au coronavirus en continuant à travailler pendant le premier confinement. L’objectif du gouvernement est à la fois de reconnaître leur engagement rapidement, et d’améliorer leur situation à moyen terme.
Quinze branches professionnelles ont été identifiées comme faisant travailler pour au moins la moitié de leurs effectifs ces salariés exposés au virus. L’industrie agroalimentaire, le bâtiment, les transports routiers, les boulangeries, les services à la personne, les activités du déchet en font partie. Le gouvernement a prévu de les réunir pour les pousser à améliorer non seulement les salaires, mais aussi les conditions de travail, les mobilités professionnelles, les formations. Des négociations de branches qui risquent d’être longues…
Prime facultative exonérée de charges
Pour une reconnaissance à court terme du travail de ces salariés, l’idée d’une prime exonérée de cotisations sociales, sur le modèle de l’ancienne prime Macron, tient la corde. Facultative, elle serait versée par les employeurs aux seules personnes occupant un métier dit de « deuxième ligne ». Les Echosen ont parlé dès le 11 mars, mais le gouvernement attend la conférence sociale pour l’annoncer. Vendredi 12 mars, les modalités de cette prime étaient toujours en discussion, assurait l’entourage du premier ministre.



