Chez PSA et Renault, un accord entre partenaires sociaux a créé un fonds de solidarité, pour que tous les salariés en chômage partiel perçoivent 100 % de leurs revenus, et non 70 % de leur salaire brut. Grâce à une solidarité entre cadres et autres catégories professionnelles, mais aussi grâce à une contribution de l’entreprise.
Le dialogue social permet aussi de préparer la reprise.
Chez PSA, où toutes les usines sont à l’arrêt, un accord signé début avril par quatre syndicats sur cinq (sans la CGT) met en place des protocoles très précis de protection des salariés, pour se tenir prêt à redémarrer dès qu’il le faudra. Éloignés les uns des autres sur les lignes d’assemblage, les salariés perdront forcément en productivité. "L’entreprise de demain ne sera pas celle d’hier", concède le DRH de PSA, Xavier Chéreau.
Des congés d’été, mais pas trop
La métallurgie est par ailleurs la première grosse branche à avoir signé, le 3 avril, un accord sur les congés payés. Depuis l’ordonnance du 25 mars, six jours peuvent être imposés par l’employeur avec seulement un jour franc de prévenance, à condition qu’il existe un accord de branche ou d’entreprise. L’idée est de pouvoir mettre en congés les salariés quand il n’y a pas d’activité, afin de les faire travailler quand la production redémarrera, cet été. L’accord de la métallurgie est plus favorable aux salariés que les ordonnances : le délai de prévenance est porté à deux jours pendant le confinement, à cinq quand il sera terminé. Tous les salariés de la métallurgie auront le droit de prendre, entre le 1er mai et le 31 octobre, douze jours consécutifs.
Chez PSA, ces douze jours sont même garantis entre le 1er juillet et le 31 août. Chez PSA comme chez Renault, c’est localement que seront fixées les dates précises de fermetures annuelles, en fonction des commandes de véhicules et en accord avec les syndicats. Une souplesse anticipée, organisée, pour aider l’entreprise à redémarrer.
"Le dialogue social va être clé pour la reprise du travail, estime Olivier Scalabre, senior partner au Boston Consulting Group (BCG). Il faut donner plus de responsabilités, plus de délégation à ceux qui sont sur le terrain. Il faut de l’autonomie pour prendre des initiatives." Surmonter la crise économique inédite qui s’annonce ne pourra se faire qu’avec les salariés.



