PSA a signé, avec quatre des cinq syndicats représentatifs du personnel, un "accord social majeur, solidaire, qui vise à assurer à la fois la protection de la santé des salariés et la préservation de l’entreprise", a annoncé lors d'un point presse le 7 avril Xavier Chéreau, Directeur des Ressources Humaines du groupe.
Imaginé pour permettre une réouverture progressive des sites français, assortie de protocoles de protection renforcées pour limiter la propagation du Covid-19, cet accord entend également préserver les salaires, moyennant des adaptations de plannings. Un fonds de solidarité a ainsi été créé pour garantir une rémunération à 100 % de tous les salariés. Pour l'alimenter, les cadres seront invités à "donner" deux jours de congés payés, les ouvriers et techniciens agents maîtrise un jour.
"Tout le monde est concerné, même ceux qui ne sont pas en chômage partiel et les cadres dirigeants, précise Xavier Chéreau. Il y aura un abondement de l’entreprise par les charges associées à ces dépenses. L’accord couvre la période du 16 mars au 30 avril. Nous verrons s'il faut le prolonger."
Des réouvertures en fonction des demandes des clients

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En fonction de l'activité et de la demande des clients, chaque site pourra choisir ses dates de fermeture. Il leur sera possible d'imposer 6 jours ouvrables d'arrêt, assortis d'un préavis de deux jours pendant le confinement et de cinq hors confinement. "Bien sûr, notre objectif est de pouvoir prévenir les salariés le plus tôt possible", commente Xavier Chéreau. Initialement prévus pour la période 1er mai-31 octobre, 12 jours de congés seront garantis entre le 1er juillet et le 31 août.
Déployés depuis environ deux semaines dans les usines, les "protocoles de gestes barrières renforcés" comprennent différents éléments, comme des distances entre les personnes d'au moins un mètre, des marquages au sol, des prises de température, des désinfections régulières ou encore le port du masque obligatoire. "Chaque établissement a besoin, pour chaque personne sur un poste, de deux masques dans la journée, et de deux de plus s’il prend les transports en commun, explique Xavier Chéreau. Bien sûr, nous ne reprendrons l’activité que lorsque nous serons en mesure de fournir l’ensemble de ces masques."
Une reprise ne pourra être que graduelle et progressive. "L’entreprise de demain ne sera pas celle d’hier. Les mesures de renforcement des gestes barrière nécessiteront d’adapter nos situations de travail. Il va falloir éloigner les salariés sur les lignes de montage, conclut-il. Il y aura des conséquences sur les méthodes de travail, en production, mais aussi en R&D et dans le monde tertiaire. Il est trop tôt pour dire si cela aura un impact sur notre productivité."
FO, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont signé
Quatre syndicats ont choisi de signer cet accord : Force ouvrière (FO), la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. FO se félicite de la création du fonds de solidarité et du maintien de 12 jours de congés consécutifs en juillet-août. Le syndicat souhaitait "conserver une durée de congés de trois semaines, mais l’essentiel était de les garantir sur la période des vacances scolaires", précise-t-il dans un communiqué.
De leur côté, les protocoles de sécurité représentent des "mesures inédites destinées à protéger au mieux tous les salariés" et répondent à "nos exigences de protection" estime Olivier Lefebvre, délégué syndical central FO PSA, cité dans le même communiqué. Plus globalement, l'accord "permet de rassurer les salariés en garantissant le maintien de leur rémunération et de leurs droits en matière d’acquisition de congés et de RTT", ajoute-t-il.
Même son de cloche du côté de la CFDT, qui salue le fait que "les dispositions de cet accord ne puissent ni mener à déroger au droit à congés de 12 jours consécutifs pendant la période légale ni à refuser un congé simultané aux conjoints travaillant dans la même entreprise". Cependant, l'accord "n’a vocation à s’appliquer qu’en cas d’échec d’une négociation d’entreprise ou d’absence de représentant du personnel", ajoute-t-elle.
De son côté, la CFE-CGC explique qu'une reprise de l'activité "ne pourra s’envisager que si la crise Covid-19 se trouve en phase de décroissance avérée, et dépendra aussi des demandes clients". La création du fonds de solidarité est considérée comme "un geste fort" des cadres de l'entreprise et des sites tertiaires envers les usines.
La CGT refuse l'accord
Autre syndicat représentatif, la CGT a choisi de ne pas signer l'accord. Elle estime qu'il ne revient pas aux salariés d'alimenter le fonds en faisant don de leurs congés. "Nos impôts financent 84 % du montant du chômage partiel. C'est à la direction de fournir le reste en se servant dans la trésorerie, détaille Cédric Brun, secrétaire général de CGT PSA Valenciennes. Au lieu de cela, elle préfère verser 1,1 milliard d'euros de dividendes aux actionnaires". Le syndicat demande aux salariés de ne pas se porter volontaires pour reprendre le travail, ajoutant qu'aucune usine ne doit rouvrir tant que le confinement n'est pas levé au niveau national.
La garantie de 12 jours ouvrés entre juillet et août n'est également pas suffisante. "Avant la crise, la plupart des sites avaient trois semaines. À Valenciennes nous avions même un mois, précise Cédric Brun. Pour beaucoup de salariés, il va falloir annuler les vacances et trouver comment faire garder les enfants". Une pétition a été lancée pour "dire non à la remise en cause des congés d'été". Pour remplacer les vacanciers, la CGT propose l'embauche d'intérimaires. Elle émet également des doutes quant aux plannings et au protocole de sécurité. "Comme elle ne trouve pas de volontaires, la direction refuse d'avancer des dates de réouverture ou même de nous donner le nombre de masques dont elle dispose, ajoute Cédric Brun. On n'est pas sûrs que les protocoles soient efficaces. En fait, personne n'a aucune visibilité sur l'avenir. Dans ces conditions, il serait indécent de vouloir reprendre le travail".



