De moins en moins de facteurs et des besoins croissants en conseillers clientèle... Face aux mutations de ses métiers, La Poste avait besoin d’accélérer les reconversions professionnelles de ses collaborateurs. «Notre priorité est de favoriser la mobilité interne pour pourvoir les postes sur lesquels nous avons le plus de mal à recruter», explique Cécile Pasdeloup, la directrice du développement RH du groupe.
L’accord signé le 31 mars 2025 entre La Poste SA (180000 salariés) et trois organisations syndicales représentatives sur cinq (CFDT, FO, CFE-CGC) va lui permettre de financer un plus grand nombre de reconversions. «Entre 2021 et 2024, nous avons engagé 3400 reconversions internes certifiantes, cela a un coût énorme, poursuit la responsable RH. Nous avons expliqué aux organisations syndicales que nous pourrions en faire plus, si nous pouvions utiliser en partie les compteurs CPF des postiers.»
La moitié de la formation prise en charge par La Poste
Beaucoup de comptes personnels de formation (CPF), inutilisés, ont atteint leur plafond de 5000 euros. Ils pourront, avec l’accord du postier, être mobilisés pour financer, au-delà des 1500 euros pris en charge par l’employeur, la moitié du coût de la formation. Assurés par les organismes de formation internes, les parcours de formation, certifiants, se font en alternance, pendant plusieurs mois, pour un poste sur lequel le salarié a déjà été recruté.
«L’utilisation du CPF a fait débat au sein de mon organisation, reconnaît Christine Simon, déléguée syndicale centrale de FO. Mais nous avons regardé la globalité de l’accord. Nous ne pourrons pas freiner les mutations, il est important de bien accompagner les postières et postiers.» Plus que tout, FO apprécie que soit enfin mis fin au décalage de plusieurs mois du changement de rémunération induit par une promotion. Désormais, l’augmentation salariale sera concomitante au changement de poste.

Vous lisez un article du numéro 3742 de L'Usine Nouvelle - Mai 2025



