Le dispositif avait déjà était partiellement utilisé après la crise de 2008-2009. Il sera généralisé en 2020 à l’ensemble du périmètre Renault et à toutes les catégories professionnelles. En moins d’une semaine, les partenaires sociaux du groupe et la direction ont négocié un "contrat de solidarité et d’avenir" dont les derniers détails s’écrivent le 1er avril.
L’objectif est que tous les salariés en chômage partiel puissent percevoir 100% de leur salaire net, et non 84%, comme le prévoit le dispositif national.
Chez Renault, la totalité des sites de production est fermée depuis le 18 mars, avec 18 000 salariés en chômage partiel total depuis la mi-mars. Depuis lundi 30 mars, tous les établissements tertiaires et d'ingénierie d’Ile-de-France (18 000 salariés), dont le siège et le Technocentre, sont en chômage partiel à 50% de leur temps de travail.
Ouvriers et techniciens bénéficieront de la solidarité des cadres
Or, selon les accords de la métallurgie, seuls les cadres et techniciens en forfait-jour bénéficient d’un complément de salaire de la part de leur employeur afin de percevoir 100% de leurs revenus. Le nouvel accord de Renault crée un nouveau fonds de solidarité.
"Pour lancer le système, les 36 000 salariés déposeront sur ce fonds un jour de solidarité pris sur leurs jours de repos. Puis chaque salarié en chômage partiel versera un jour de congé par semaine de chômage partiel qu'il effectue, et un demi-jour pour ceux qui sont à 50%)", précise Franck Daout, délégué syndical central CFDT. Donc les cadres aussi, qui sont indemnisés à 100 %, alors qu'ils n'ont rien à y gagner pour eux. "Certains auraient même voulu donner des jours en plus, comme en 2009, mais ça n'a pas été retenu par la direction", précise le syndicaliste.
Selon lui, le fonds sera donc doté de 8,5 millions d'euros pour deux mois et demi de chômage partiel compté à partir de la semaine du 30 mars. S'y ajoutent les 4,5 millions d'euros du "fonds chômage", un outil historique de Renault, créé en 1986, pour compléter les salaires des salariés en chômage partiel. En espérant ne pas avoir à tout utiliser, et que le travail reprenne progressivement. L’accord revoit aussi le calendrier des revalorisations salariales prévues dans le cadre des NAO signées en février, mais ne les remet pas en cause.
Préparation de la sortie de crise
Dans cet accord, direction et partenaires sociaux préparent déjà la sortie de crise. Les syndicats ont obtenu la mise en place de commissions locales, dans chaque établissement, pour que soient examinées au plus près des contraintes des établissements à la fois les conditions sanitaires et les besoins liés à l'activité. "L'objectif est de parvenir à un accord par le dialogue social local, précise Franck Daout. S'il n'y en a pas, la direction a souhaité mettre en place une bouée de sauvetage: elle pourra imposer jusqu'à 3 samedis de travail supplémentaire par période de six semaines glissantes, et limiter les congés payés d'été à 12 jours, comme l'y autorise le droit du travail. Mais on espère bien ne pas en arriver là, et les équipes locales sont appelées à nous faire remonter toute difficulté pour qu'on en discute avec la direction générale."
Dans certaines usines comme celle de Flins (Yvelines), portée par le succès de la Zoé, il pourrait y avoir beaucoup de travail en sortie de crise... Donc cet été.



