Réduire l’impact environnemental du numérique. C’est en substance l’objectif du gouvernement qui a présenté, lors du colloque "Numérique et Environnement, faisons converger les transitions" organisé jeudi 8 octobre au ministère de l’Economie et des Finances (Paris XIIe), les grands axes d’une feuille de route qui sera finalisée à la fin de l’année. De l’optimisation énergétique des data centers au réemploi des appareils électroniques.
"Cette feuille de route vise à maximiser la sobriété énergétique du numérique par deux leviers, celui des équipements et celui des usages, souligne le ministère de la Transition numérique. Nous nous appuyons pour cela par le travail fourni par la Convention citoyenne pour le climat et par le Conseil national du numérique."
Valoriser la chaleur fatale des data centers
Au niveau des équipements par exemple, les réductions sur les taxes de consommation d’électricité accordées aux data centers seront soumises à conditions : faire preuve "d’un management efficient de la consommation énergétique et réaliser une étude coûts-avantages de la valorisation de la chaleur fatale produite", explique le secrétariat d’Etat chargé de la Transition numérique, qui précise que ce point a fait l’objet de discussions avec la filière. "Si cette étude est favorable, il faudra mettre en œuvre une valorisation de la chaleur sur site ou via un réseau de chaleur ou de froid."
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Seront aussi lancés par l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) deux appels à projets "pour soutenir les TPE et PME dans l’adoption de l’écoconception pour les services numériques", a présenté le ministère de la Transition écologique. "Il est possible de construire un service équivalent avec une consommation énergétique réduite", argue-t-il. Cela s’ajoute à la création, dans le cadre du plan de relance, d’un fonds de 300 millions d’euros destiné au financement des start-up de la green-tech géré par Bpifrance.
Vers une réduction de la TVA pour les téléphones reconditionnés ?
Du côté des usages, la feuille de route devrait faire la part belle au réemploi des appareils électroniques. Une concertation sera engagée dans les prochaines semaines à cet effet avec les opérateurs télécoms "pour qu’ils s’engagent en faveur du réemploi" et dans "la collecte de téléphones inutilisés", précise le cabinet de Cédric O, qui rappelle que "plus de 100 millions de téléphones dorment dans les tiroirs des Français".
A cela s’ajoute l’action du gouvernement qui plaide, au niveau européen, en faveur d’une réduction de la TVA pour les téléphones reconditionnés. Et une enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) questionnant le prix et l’accessibilité des pièces détachées. A partir de janvier 2021, un indice de réparabilité des produits – prenant notamment en compte le prix et la disponibilité des pièces détachées – sera d’ailleurs affiché à côté des ordinateurs et des smartphones pour informer les consommateurs.
Questionner la lecture automatique des vidéos en ligne
Ces différentes dispositions devraient se retrouver dans la feuille de route, qui sera définitivement dévoilée à la fin de l’année. D’ici là, des concertations seront menées avec les parties concernées "pour voir dans quelles mesures nous pourrons les inciter à mettre en place des pratiques plus vertueuses", souligne le ministère de la Transition écologique.
Les plateformes numériques seront notamment consultées pour questionner la lecture automatique des vidéos en ligne et leur qualité d’image, qui font grimper leur consommation énergétique. Mais aussi des représentants de la Convention citoyenne pour le climat. Une phase de concertation qui démarre jeudi 8 octobre avec le colloque parisien. Et continuera au-delà.



