"Un budget de relance", résume Bruno Le Maire. Et un budget inédit. Le Covid-19 a fait voler en éclat la routine annuelle de l’exercice budgétaire. Le projet de loi de Finances présenté par le gouvernement prévoit un déficit public de 6,7 % en 2021, après -10 % en 2020. La dette, elle, devrait monter à 117 % du PIB. Le chiffre ne fait pas peur à Bruno Le Maire, pour lequel " la dette, c’est de l’investissement". La reprise de l'épidémie assombrit l'horizon conjoncturel et l'équation du gouvernement.
"Il n’y a aucune contradiction entre la relance économique à long terme et la poursuite du soutien aux PME et grandes entreprises qui continuent à avoir besoin du soutien de l’Etat", assure le ministre de l’Economie, des finances et de la relance. L’enjeu crucial est celui du timing. Le gouvernement estime à 10 % la récession du produit intérieur brut en 2020, avant un rebond de 8 % l’an prochain. Car tout retard de mise en œuvre risque de limiter la capacité de redémarrage de l’économie.
10 milliards en 2020
"Si on fait un plan de relance, c’est pour qu’il soit décaissé le plus rapidement possible pour avoir le plus d’impact possible", reconnaît Bruno Le Maire. Ce plan dévoilé le 3 septembre va peser pour 86 milliards d’euros sur le budget de l’Etat, le reste relevant de celui de la Sécurité sociale et des deux banques publiques Bpifrance et la Banque des territoires, filiales de la Caisse des dépôts. Sans attendre le nouveau PLF 2021 (plan de loi de finances), le gouvernement prévoit d’injecter 10 milliards d’euros d’ici fin 2020, en mobilisant des lignes budgétaires déjà adoptées dans les trois lois de finances rectificatives adoptées depuis le printemps. Dans le détail, la baisse des impôts de production – 10 milliards d’euros par an– doit intervenir dès janvier 2021. De quoi résorber une partie de l'écart - estimé à 30 milliards d'euros par les industriels - avec l'Allemagne. Pour le reste, le gouvernement prévoit de dépenser 22 milliards d’euros des 36,4 milliards d’euros des crédits de la mission budgétaire du plan de relance l’an prochain également.

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Au bas mot, ce sont donc 42 milliards d’euros que le gouvernement veut avoir mobilisés avant fin 2021. Pour mettre sous tension les administrations, Bercy veut jouer la concurrence. "Chacun doit savoir qu’un projet où l’argent ne serait pas décaissé rapidement irait à un autre projet", assure Bruno Le Maire. Des indicateurs de suivi vont être déterminés en octobre et serviront au Conseil de la relance et au comité de pilotage national pour suivre le déploiement concret du plan. "La stratégie est plutôt maline. Pour distribuer les aides de modernisation au secteur automobile et aéronautique, Bercy a retenu la règle du premier arrivé, premier servi plutôt qu'un appel d'offres classique. Cela fait accélérateur", pointe Joseph Puzo, le patron d'Axon'cable qui a été l'un des premiers à obtenir une subvention pour sa nouvelle usine.
3,7 milliards d'euros d'impôt sur les sociétés
Le budget 2021 réaffirme aussi la stratégie du gouvernement en faveur d’une politique de l’offre. A côté des impôts de production prévus par le plan de relance, la trajectoire de baisse de l’impôt sur les sociétés devrait représenter 3,7 milliards d’euros de baisse de la pression fiscale. Depuis 2017, la moitié des 45 milliards d’euros de baisse de pression fiscale ont été engrangés par les entreprises, selon Bercy. "Nous devons continuer la politique de l’offre", assume Bruno Le Maire, "d’autres pays font d’autres choix, comme l’Allemagne, mais elle a déjà fait le travail d’amélioration de son offre. Il est temps que nous fassions ce travail".



