Dix gestes à adopter, chez soi ou au bureau, pour réduire son empreinte environnementale liée au numérique

Des petits gestes, chez soi ou au bureau, peuvent avoir un grand impact sur son empreinte numérique. La preuve en dix exemples.

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usine cognitive 4 déconnexion
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• Particulier : Bien soigner sa boîte e-mail

Que ce soit dans nos boîtes personnelles ou professionnelles, nos e-mails consomment de l’énergie depuis leur écriture jusqu’à leur stockage. Veillez donc à ne pas les multiplier et à limiter vos envois aux interlocuteurs pertinents. Pour en limiter la taille, préférez le format texte au html et évitez les pièces jointes automatiques, comme les logos d’entreprises. Si vous souhaitez transmettre un document, préférez les plates-formes de stockage en ligne pour ne pas multiplier le fichier partagé. De la même manière, faire le tri dans sa boîte de réception pour en retirer les messages obsolètes (sans oublier de vider sa corbeille), permet de désencombrer les serveurs.

• Particulier : éteindre sa box lorsqu’elle ne sert pas

Si leur impact est souvent laissé de côté, une box consomme en moyenne 158 kWh par an, selon le collectif GreenIT.fr. Pas loin d’un réfrigérateur économe donc. La débrancher la nuit permettrait de diviser par deux cette consommation énergétique superflue.

• Entreprise : Mesurer l’usage du numérique

" En mesurant, on peut réduire", avance Caroline Vateau, du cabinet APL Datacenter. "Dans le cadre de l’expérimentation Greenconcept, menée avec la CCI Occitanie, les impacts environnementaux des services numériques analysés ont été réduits en moyenne de deux tiers !" Une fois les mesures faites, il est plus simple d’identifier et d’écarter le "gras numérique" entourant l’application ou l’équipement, ou de modifier le modèle économique pour en diminuer les impacts.

À Montpellier, la société Ela, qui sécurise des chantiers souterrains grâce à des tags RFID placés sur les casques des ouvriers, a développé un modèle locatif pour augmenter la durée de vie de ses équipements, et s’ouvrir à de nouveaux marchés. Nommer un responsable GreenIT, ou passer par un cabinet de conseil, permet de s’assurer de la qualité et du suivi des analyses de cycle de vie.

• Entreprise : Privilégier les logiciels économes en énergie

Cette animation permanente sur la page de votre site web est-elle vraiment nécessaire ? Et cette fonctionnalité superflue, héritée d’une ancienne version et peu optimisée, ne ralentit-elle pas votre application ? À l’inverse des "obésiciels", boursouflés et consommateurs d’énergie, les logiciels optimisés demandent moins d’énergie, mais aussi de ressources de calcul, pour fonctionner. Évaluer un logiciel est complexe. Afin de s’assurer de tout prendre en compte, l’entreprise Greenspector, à Nantes, utilise des sondes pour mesurer la consommation de chaque service numérique sur différents terminaux. Au-delà des gains d’énergie, les logiciels optimisés tourneront sur des machines moins performantes. Limitant ainsi leur renouvellement.

• Particulier, restreindre la 4G

Si la 4G s’améliore (elle intègre d’ailleurs de la fibre dans son réseau d’accès, jusqu’aux antennes), ses impacts restent bien supérieurs à un usage de l’internet filaire, via un câble ADSL ou une fibre optique transférant les données jusqu’à votre box. Elle serait dix fois plus consommatrice que la fibre selon l’Arcep – l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes. Configurer son téléphone pour se connecter au Wi-Fi permet de limiter l’usage du réseau radio lorsque l’on est en déplacement. De la même manière, le cloud augmente les dialogues de votre ordinateur avec des serveurs hébergés à distance, et duplique vos documents.

• Entreprise : Limiter le double écran

Comme l’ensemble des équipements informatiques, les écrans se multiplient sur les bureaux. Or avoir un double écran, c’est deux fois plus de matière et d’énergie consommée pour les produire, sans compter l’électricité derrière. Plus généralement : s’équiper d’un matériel sobre – un ordinateur portable, plus agile, consomme moitié moins qu’un poste fixe – et en changer le moins souvent possible reste le meilleur moyen de limiter son empreinte numérique professionnelle comme personnelle.

• Particulier : Ne pas jeter ses déchets électroniques à la poubelle

Qu’ils soient cassés, défaillants ou vieillissants, nous jetons régulièrement nos smartphones, ordinateurs et autres écrans plats... Mais où ? Surtout pas dans les ordures ménagères. Car les déchets d’équipements électriques et électroniques, dits D3E, contiennent des substances réglementées. Voire polluantes : arsenic dans les diodes, retardateurs de flamme au brome dans les carcasses d’écrans, métaux lourds dans les cartes électroniques. Trois solutions pour s’en débarrasser : le dépôt en déchetterie ou chez le distributeur, qui a l’obligation de reprendre un équipement usagé lors de l’achat d’un appareil neuf, une collecte organisée par sa collectivité, le don à une association ou une entreprise d’insertion (Emmaüs, Envie...).

• Entreprise : Reconditionner ses parcs ordinateurs

La fabrication des terminaux cause au moins la moitié des impacts du numérique. Lors du renouvellement des parcs informatiques, le réemploi permet de modérer la hausse de son empreinte carbone. Les parcs d’entreprises, souvent composés d’ordinateurs et de smartphones homogènes, de qualité et en bon état, forment des gisements qui intéressent les brokers et les reconditionneurs du secteur, qui les remettront en état avant de les revendre à des acteurs moins en quête de performance. Une stratégie possible au sein même de l’entreprise. Après deux à trois ans d’utilisation, OVH réutilise lui-même ses processeurs, qu’il reteste et réassemble pour proposer des services cloud de deuxième puis troisième vie, moins performants et moins chers.

• Entreprise : Faire la chasse aux serveurs zombies

Allumés, les serveurs consomment. Et doivent être refroidis. Pourtant, dans les centres de données comme dans les locaux des entreprises, nombre de serveurs sont comateux. En 2015, une étude du chercheur de l’université de Stanford, Jonathan Koomey, estimait à 30 % le nombre de serveurs zombies dans les entreprises, c’est-à-dire n’ayant pas servi au cours des six derniers mois. Optimiser les datacenters internes des entreprises, ou les débrancher pour migrer vers des services de cloud, aux infrastructures plus efficientes, permet d’éviter ces consommations inutiles.

• Entreprise : Bien choisir son cloud

Tous les clouds ne se valent pas. Certes, pour les entreprises qui en font le choix, la disponibilité, les interconnexions et la sécurité de leurs serveurs à distance est cruciale. Mais la localisation, le système de refroidissement, la consommation d’eau et les contrats d’achat d’énergies renouvelables peuvent aussi être des critères de choix pour privilégier les offres de cloud les plus vertes.

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