Les élections législatives sont dans moins de trois semaines, et le pouvoir d’achat s’affiche comme la préoccupation principale des Français, avec une inflation de 4,8% en un an. Cela n'a pas échappé à la gauche unie qui promet des mesures pour l’améliorer… Alors, tout juste nommé, le nouveau gouvernement Borne se mobilise sur le sujet et le fait savoir.
Lundi 23 mai, à la sortie du premier conseil des ministres du quinquennat, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a affirmé que la défense du pouvoir d’achat représentait « une urgence » pour le gouvernement. Un projet de loi sera présenté en conseil des ministres juste après les législatives (et non avant, comme affirmé dans un premier temps), pour une adoption rapide par l’Assemblée nationale nouvellement élue. Mais son contenu sera présenté aux Français avant les élections…
Un projet de loi sur le pouvoir d'achat
Il devrait comporter deux textes, l’un sur les mesures financières (projet de loi de finances rectificative), l’autre sur des mesures d’accompagnement. Sont attendues des décisions sur le chèque alimentaire, le bouclier tarifaire pour protéger les Français de la forte hausse des prix du gaz et de l’électricité, une ristourne carburant peut-être plus ciblée que le dispositif précédent, le triplement de la prime Macron, le dividende salarié… « Un projet de loi très lourd », a commenté la porte-parole.
Cette loi entérinera aussi la revalorisation des pensions de retraite. Le ministre du Travail Olivier Dussopt, invité de RTL le 24 mai au matin, a confirmé que les pensions du régime général seraient indexées sur l’inflation dès le 1er juillet, une promesse du candidat Macron pendant la campagne. Ce sont donc celles versées début août qui seront revalorisées, de 4% environ. Les retraites complémentaires, gérées par les partenaires sociaux, ne sont pas concernées par cette hausse. Bruno Le Maire a par ailleurs évoqué l’idée d’indexer « les minimas sociaux » (une hausse du minimum vieillesse est attendue), et confirmé le relèvement du point d’indice des fonctionnaires, une promesse de campagne là-aussi, sans préciser de combien ni quand.
Bercy veut que les entreprises augmentent les salaires
Alors qu’il ne peut pas décréter de hausse des salaires dans le secteur privé, le gouvernement tente la persuasion. Lundi 23 mai, Bruno Le Maire a réuni à Bercy les représentants patronaux, afin de leur mettre un coup de pression. « Il faut que le travail paie, paie bien et garantisse à tous nos compatriotes la dignité dans leur existence, a déclaré le ministre de l’Economie à l’issue de la rencontre. Les entreprises qui peuvent augmenter les salaires doivent le faire. »
Il a appelé celles qui n’ont pas suffisamment de marges à utiliser la prime Macron, qui n’engage pas sur plusieurs années. Bruno Le Maire dit aussi avoir entendu les chefs d’entreprise qui reprochent à la participation et à l’intéressement de rester trop compliqués, et se montre prêt à les réformer pour les simplifier. De la même manière, il va réfléchir à une proposition de la CPME d’abaisser les cotisations patronales sur les heures supplémentaires, pour les encourager.
La plupart des représentants patronaux ont insisté sur les difficultés économiques du moment, les incertitudes et les pénuries, qui les poussent à rester prudents sur les augmentations de salaires. Ils continuent à réclamer des baisses des impôts de production, plus importantes que celles prévues par le gouvernement, pour pouvoir relever les salaires...
Cécile Maillard, avec Jonathan Grelier



