A sept mois de l'élection présidentielle, le gouvernement ne veut pas risquer un nouveau mouvement des gilets jaunes. Interviewé sur TF1 jeudi 30 septembre, le Premier ministre Jean Castex a donc dévoilé des mesures visant à rassurer les Français face à la hausse persistante des prix de l'énergie. « Nous allons mettre en place pour le gaz et l’électricité ce que j’appellerais un bouclier tarifaire, a-t-il annoncé. Nous allons nous prémunir de ces hausses de tarifs ».
Le prix du gaz va augmenter comme prévu de 12,6 % vendredi 1er octobre mais il n’évoluera plus ensuite jusqu’en avril, période à laquelle il devrait « dégringoler » selon lui. « Si effectivement les baisses liées aux cours mondiaux ne se produisent pas, alors nous devrons (...) prendre des mesures complémentaires qui pourraient effectivement être des mesures de baisse de taxes », a poursuivi Jean Castex.
Hausse plafonnée pour l'électricité
D'ici là, il promet « d'accompagner » les distributeurs de gaz qui seront contraints de le vendre aux consommateurs moins cher qu'ils ne l'ont payé, avant une hausse progressive de la facture, à partir d'avril. Si les leaders du marché, comme Engie et EDF, devraient pouvoir assurer sans problème cette baisse de trésorerie, les fournisseurs alternatifs auront sûrement plus de difficultés.
Concernant l’électricité, dont le prix devait lui aussi augmenter d'environ 12 % en février, le Premier ministre a annoncé que la hausse serait plafonnée à 4 % et n’irait pas au-delà. « Nous l’empêcherons en diminuant une taxe sur l’électricité », via un amendement dans la loi de finances pour 2022. Pour les prix de l’essence et du diesel en revanche, le Premier ministre a jugé que la situation était différente et qu’ils ne faisaient actuellement que retrouver les niveaux antérieurs à la crise du Covid-19.
Revers de la reprise
Face à la forte hausse des prix du gaz et de l’électricité depuis le début de l’année, le gouvernement avait déjà annoncé un versement exceptionnel de 100 euros en décembre pour les 5,8 millions bénéficiaires du « chèque énergie », qui représente 150 euros accordés chaque année en avril. « Si les mesures que nous prenons (...) sont insuffisantes, nous revaloriserons le chèque énergie », a promis Jean Castex, selon lequel les 100 euros versés en décembre correspondent aux 600 millions de rentrées fiscales supplémentaires obtenues par l’Etat du fait de la hausse des prix.
Plusieurs motifs expliquent la récente flambée des prix du gaz. Tout d'abord, les stocks étaient au plus bas en Europe en raison de la très forte reprise économique après des mois de crise de Covid-19. L’Agence internationale de l’énergie a également pointé du doigt le géant russe Gazprom, qui assure à lui seul le tiers de l’approvisionnement de l’Europe en gaz, de livraisons insuffisantes, sur fond de suspicion de manipulation de marché.
Avec Reuters (Nicolas Sarkozy et Bertrand Boucey)


