L'industrie en bonne place pour utiliser les 15 milliards d’euros pour l’emploi et la formation

Sur les 100 milliards d’euros du plan de relance, 15,3 milliards seront dépensés pour soutenir l’emploi, notamment industriel, et former les Français aux métiers d’avenir.

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En plus du plan Jeunes, le gouvernement veut mettre le paquet sur la formation aux métiers d'avenir.

Comme le plan de relance dans son ensemble, les mesures destinées à soutenir l’emploi sont à double détente : des aides immédiates pour limiter les licenciements et faciliter l’insertion professionnelle des jeunes, des financements de formations pour aider l’économie à se moderniser. "Donner à la fois des solutions aux personnes et des compétences à l’économie pour l'avenir", commente l’entourage de la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

Sur les 100 milliards d’euros du plan de relance, 15,3 milliards seront consacrés à l’emploi et aux compétences. Avec deux grosses enveloppes déjà engagées : le plan Jeunes (6,7 milliards d’euros), présenté fin juillet pour aider sans tarder les 740 000 jeunes entrant sur le marché du travail en septembre ; et l’activité partielle de longue durée (6,6 milliards d’euros), nouveau dispositif de chômage partiel mis en place par le gouvernement pour permettre aux entreprises ayant repris l’activité mais pas totalement, de ne pas licencier pendant deux ans.

Activité partielle et formation

Imaginée par les partenaires sociaux de la métallurgie, qui avait suggéré sa création au gouvernement, l’activité partielle de longue durée (APLD) est particulièrement adaptée aux entreprises industrielles. Elle s’adresse en effets aux entreprises traversant une passe difficile, mais dont l’activité est maintenue à au moins 60% et qui envisagent de redémarrer à relativement brève échéance. Les autres secteurs ont parfois souligné que leurs entreprises n’avaient pas de visibilité et du mal à conserver un tel niveau d’activité.

Aux 6,6 milliards d’euros de l’APLD s’ajoute un milliard d’euros pour le FNE-formation, un dispositif permettant de financer de longues formations de reconversion pendant une activité partielle. Un salarié travaille par exemple à 60%, payé à 60% par son employeur, et se forme sur les 40% de son temps de travail, payé par l’activité partielle (Etat-Unédic) tandis que les coûts pédagogiques de sa formation sont pris en charge par le FNE.

Métiers de la transition écologique et du numérique

Pour attribuer les fonds FNE-formation, le gouvernement privilégiera les formations aux métiers et filières d’avenir, ceux de la transition écologique, de la transformation numérique, et du "care", en cohérence avec les secteurs soutenus par les autres volets du plan de relance. Dans le plan Jeunes, les formations aux "métiers d’avenir" sont également prioritaires. L’industrie devrait donc largement bénéficier de ces nouveaux financements de la formation.

Reste un milliard d’euros pour investir dans les compétences, en-dehors du plan Jeunes et du FNE-formation. Une partie sera fléchée sur les salariés, une autre sur les demandeurs d’emploi, et une dernière sur le soutien à la modernisation des organismes de formation. 25 millions d’euros seront par exemple consacrés à un abondement des comptes personnel de formation des personnes souhaitant se former aux "métiers d’avenir" -  qu'il va falloir se dépêcher de définir...

La difficulté consistera, sur cette partie du plan, à s’assurer que ces financements bénéficient aux bonnes personnes, et leur permettent effectivement de retrouver un emploi sur leur territoire. Il est donc envisagé un travail rapproché avec les branches et les Régions dans les semaines qui viennent. Avec un nouveau chantier à ouvrir : celui de la reconversion vers un autre métier que celui de sa branche. Les dispositifs sont actuellement relativement cloisonnés, alors que changer de métier est parfois plus radical…

Le gouvernement espère que le plan de relance permettra de créer 160 000 emplois en 2021, a indiqué Jean Castex, qui s'ajouteront aux 200 000 créations attendues du rebond économique. De quoi rattraper la moitié des 800 000 suppressions d'emploi anticipées en 2020 par le ministre de l'Economie.

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