Le rendez-vous a été décalé, après avoir été fixé au 25 août. Le gouvernement dévoile finalement ce jeudi 3 septembre en Conseil des ministres son plan de relance pour tenter de faire rebondir l’économie française après la crise du Covid-19. Au total, 100 milliards d’euros vont être mis sur la table en deux ans, en 2021 et 2022. Baptisée "France Relance", la stratégie du gouvernement devrait se décliner en près de 70 programmes différents.
Après avoir évité les faillites en cascade au printemps avec les mesures d’urgence comme le chômage partiel, le gouvernement entend atteindre un double objectif avec "France Relance". Il s’agit de faire repartir au plus vite la machine économique, en optant pour des dispositifs permettant d’injecter rapidement les fonds. Mais aussi d’accélérer la transformation de l’économie française, en ciblant les investissements sur les domaines les plus porteurs à l’horizon 2030. En gros, être efficace à court terme, tout en renforçant la compétitivité de long terme.
Trois grandes priorités
Pour y parvenir, le gouvernement entend concentrer le plan de relance d’abord sur le verdissement de l’économie. Près de 30 milliards d’euros doivent aller à la rénovation thermique des bâtiments, aux transports et à l’accompagnement des entreprises dans leur transition énergétique. Autre grand objectif : 35 milliards d’euros iront au renforcement de la compétitivité du tissu productif, notamment au travers des plans sectoriels déclinés depuis cet été.

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Autre mesure phare : les impôts de production, qui pénalisent particulièrement l’industrie française en cas de retournement de conjoncture, vont baisser de 10 milliards d’euros dès 2021. Les ETI et l’industrie devraient être les principaux bénéficiaires de cette mesure, selon le ministère de l'Économie. 37 % des 10 milliards d’euros de gain devrait ainsi se concentrer sur les entreprises du secteur industriel.
Enfin, dernier grand axe du plan de relance, l’emploi et la cohésion territoriale devraient aussi bénéficier d’une enveloppe de 35 milliards d’euros, via le financement du plan jeune, la montée en charge de la formation dans les métiers d’avenir et le financement de l'activité partielle de longue durée. Au total, le plan de relance devrait se décliner en plus de 70 programmes différents.
Effacer l'effet de la crise avant fin 2022
Trop ou pas assez ambitieux ? Avec ces 100 milliards d’euros, soit quatre points de PIB, le montant du plan de relance est sans équivalent et dépasse de quatre fois celui élaboré par Nicolas Sarkozy en 2008 pour éponger les effets de la crise financière. Il devrait faire grimper la dette publique à 120 % du PIB.
Alors que le PIB devrait reculer de 11 % en 2020, avant un rebond espéré de 8 % en 2021, le ministère de l'Économie estime que le montant engagé devrait permettre de ramener fin 2022 la richesse du pays à son niveau de fin 2019, et d’effacer ainsi les conséquences de la crise. En matière d’emplois, il pourrait ainsi contribuer à créer 400 000 emplois d’ici à la fin 2021, alors que le gouvernement s’attend à 800 000 destructions d’emplois sur la même période. Le gouvernement reste toutefois prudent sur ces chiffres. Contrairement aux débats qui avaient entouré la mise en place du CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) en 2012, le gouvernement n’entend pas assortir son plan de contreparties directes de la part des entreprises qui en bénéficieront.
Au-delà du nombre de milliards alignés, l’efficacité dépendra beaucoup de la capacité du gouvernement à mettre en musique son plan et décaisser rapidement les fonds alloués. Un comité interministériel devrait se réunir autour de Jean Castex, le Premier ministre, pour suivre chaque mois l’avancement des différents programmes. En cas de blocage, certaines enveloppes pourraient être redéployées rapidement vers d’autres dispositifs plus efficaces. Le gouvernement devra aussi rapidement contractualiser avec les régions et les collectivités locales.



