"Du jamais vu", affirme Jean Castex, parlant des 6,5 milliards d’euros que le gouvernement consacrera en 2020 et 2021 au soutien de l’emploi des jeunes. On s’attend à ce qu’ils soient les premiers touchés par la dégringolade de l’emploi, cet automne, alors que 740 000 jeunes sortiront de formation et entreront sur le marché du travail.
Mesure phare du plan dévoilé par le Premier ministre le 23 juillet à Besançon (Doubs) :
une aide financière au recrutement d’un moins de 25 ans. Elle sera de 1 000 euros par trimestre, pendant un an, c'est-à-dire 4 000 euros par an, pour tout jeune rémunéré jusqu’à deux Smic. Initialement, ce devait être jusqu’à 1,6 Smic, mais plusieurs organisations patronales avaient demandé de relever ce plafond pour que les plus diplômés soient également concernés. Certains secteurs recrutent avec des bons salaires et n'auraient pas été aidés. Seront soutenus à la fois les recrutements en CDI et ceux en CDD d’au moins trois mois. Une durée courte, mais certaines entreprises n’ont pas de visibilité sur leur carnet de commandes au-delà, et n’auraient de toute façon pas recruté en CDI.
recruter rapidement
Le gouvernement espère ainsi favoriser 450 000 embauches. Mais pour que le choc soit rapide, les entreprises devront faire vite : les recrutements aidés devront se faire entre le 1er août 2020 et le 31 janvier 2021. Cette aide s’ajoute à celle déjà annoncée pour le recrutement d’un apprenti, de 5 000 euros par an s’il est mineur, 8 000 euros s’il est majeur. Le débat parlementaire sur le sujet est en train d'étendre cette aide, initialement réservée à ceux préparant au plus une licence, à ceux inscrits en master. Ici aussi, l'objectif est d'aider aussi au recrutement des plus diplômés. Le gouvernement en espère 230 000 contrats d’apprentissage et 100 000 contrats de professionnalisation qui n’auraient peut-être pas été signés sans ce coup de pouce.
Même aidées, les entreprises ne pourront pas toujours embaucher. Pour que les jeunes poursuivent leur formation, l’Etat proposera 200 000 places supplémentaires dans les parcours de formation à "des métiers d'avenir", dans la santé, la transition écologique, 6 000 places de plus dans les écoles d’infirmiers, 10 000 autres pour former des aides-soignants… Le service civique pourra aussi accueillir 100 000 jeunes supplémentaires - il en compte 140 000 aujourd'hui.
Contrats aidés
Pour les jeunes plus éloignés de l’emploi, 300 000 parcours d’insertion sont créés. 60 000 seront de vrais contrats aidés, mais uniquement dans le secteur marchand, qui assure une meilleure insertion, ensuite, dans le monde du travail, que les emplois aidés dans le secteur public. La Garantie jeunes, efficace pour relancer des jeunes vulnérables, sera élargie de 50 000 places supplémentaires, portant leur nombre à 150 000.
Jean Castex a tenu à préciser que les 6,5 milliards d’euros de ce plan, qui s’ajoutent aux 3,5 milliards d’euros que l’Etat consacre habituellement à l’emploi des jeunes, seront financés "grâce à l’accord historique obtenu au plan européen".



