Chez KSB, un déconfinement facilité par des usines qui n'ont pas été arrêtées

Les quatre sites français de KSB, spécialiste des pompes et de la robinetterie industrielle, ont continué à produire à 70% durant le confinement. Boris Lombard, dirigeant de la filiale française du groupe allemand, prévoit un retour progressif à un rythme normal.

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Pompe KSB atelierHoerdt
Pendant le confinement, KSB a continué à produire et a maintenu certaines opérations de maintenance.

Il discutera du plan de déconfinement début mai avec ses équipes et les représentants de ses salariés, mais Boris Lombard, président de KSB SAS, aborde confiant cette étape. "Le déconfinement est plus complexe à gérer que le confinement, juge le dirigeant de la filiale française du groupe allemand de robinetterie industrielle. Mais nous avons plusieurs semaines de pratiques des mesures sanitaires dans nos sites de productions et nos ateliers de services, on va adapter les mêmes recettes aux bureaux."

Dès le 17 mars, "conscient que le confinement allait durer", le dirigeant a en effet choisi de continuer à produire dans ses quatre sites français, "en ne faisant aucun compromis sur la santé des collaborateurs". "Nous exportons 80% de notre production, notamment vers l’Italie, la Chine, la Corée, des pays touchés par le virus mais qui n’étaient pas à l’arrêt. Si nous ne servions pas nos clients, nous avions un fort risque de perdre des parts de marché. Et nous servons le marché de l’eau, de l’énergie, certains clients ont besoin de maintenance", explique le dirigeant.

Horaires modifiés

Les sites de production et les ateliers de service ont été réaménagés : fermeture des lieux de rassemblements, balisage au sol de l’espace fumeur, portes ouvertes en permanence, distribution de gel, lingettes désinfectantes pour les postes de travail, vestiaires réservés aux métiers les plus salissants… Les horaires de travail des équipes en 3X8 ont été réduits en 3X7, une heure de battement permettant aux salariés de ne pas se croiser et aux postes d'être désinfectés. "Certains postes, où travaillaient deux personnes, ont été dédoublés et les salariés ont travaillé en 2X8. Ils ont accepté car ils ont compris que la poursuite de l’activité en dépendait. Je suis très fier de la manière dont nos équipes ont réagi, elles ont montré un réel engagement pour l’entreprise."

Sur les 1 200 salariés de la maison-mère (1 600 avec les filiales de services), 40 % ont continué à travailler en télétravail (ceux du siège, des agences commerciales, les personnels administratifs des usines), les autres dans les sites de production ou les ateliers de service. 3 % ont été arrêtés pour garde d’enfants. Et 18 salariés seulement ont été mis en chômage partiel. Récemment. "Les techniciens des ateliers de services sont les plus touchés, explique Boris Lombard. Certains clients refusaient toute intervention extérieure chez eux sauf motif impérieux."

Chômage partiel au compte-gouttes

L'entreprise a utilisé l’annualisation du temps de travail pour couvrir les deux premières semaines sans activité (qui seront donc rattrapées plus tard), puis une semaine de congés payés, à prendre de toute façon avant le 31 mai, et seulement au bout de ces trois semaines, l’activité partielle. "Chacun a un devoir civique, durant cette crise, de ne pas abuser des facilités de l’Etat." Mais Boris Lombard s’inquiète du durcissement annoncé de la prise en charge du chômage partiel par l’Etat : "cette crise va impacter l’économie au-delà de la crise sanitaire, il n’est pas exclu qu’on ait besoin de ce dispositif dans le courant de l’année".

Selon les produits et marchés servis par chaque site, la production a été maintenue entre 65 et 85 %, elle tourne actuellement à 70 % estime le dirigeant de l’entreprise. Qui indique une baisse des commandes d’un tiers en avril.

100 000 masques commandés

Le déconfinement consistera donc surtout à faire revenir les personnels en télétravail et à rouvrir les agences commerciales. Dans les bureaux, les locaux seront aménagés. Plutôt que de proposer des horaires décalés, comme le suggère le Premier ministre, les salariés pourraient alterner périodes de télétravail et périodes sur place, pour être moins nombreux dans les locaux. Pour les transports en commun ou les travaux qui ne peuvent être effectués qu’à deux, KSB a commandé 100 000 masques, des chirurgicaux, des FFP2 pour certaines interventions spécifiques des techniciens, mais aussi des masques en tissu, lavables. "Pour être sûr d’en avoir à disposition quelles que soient les difficultés d’approvisionnement."

Boris Lombard se dit "en phase" avec l’approche du Premier ministre d’un déconfinement progressif. "Si on ne fait pas collectivement attention, il y a un risque de retour de l’infection, donc du confinement, au prix économique astronomique. C’est important de rester solidaire pour rester sous la barre des 3 000 contaminations par jour."

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