Après le discours d'Edouard Philippe, le patronat appelle à prolonger le chômage partiel au-delà du 1er juin

Le patronat, comme tous les Français attendaient avec impatience le discours d'Edouard Philippe aux parlementaires. Bien conscients d'une réouverture très progressive de l'économie pour éviter une nouvelle flambée de l'épidémie, MEDEF comme CPME estiment qu'il faut prolonger les mesures du plan d'urgence comme le dispositif de l'activité partielle. Tous s'interrogent sur l'organisation des transports au niveau local et font leur affaire de l'organisation des mesures sanitaires dans les entreprises en concertation avec les salariés. La CPME regrette que les restaurants ne soient pas rouverts dans certains départements.

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Université d'été du Medef Geoffroy Roux de Bézieux
Le Medef, présidé par Geoffroy Roux de Bézieux, comme la CPME ont compris que la reprise serait très progressive

Les organisations patronales attendaient avec impatience la présentation du plan de déconfinement d’Edouard Philippe. Elles ont reçu 5 sur 5 le message que ce n’était pas le retour à la normale mais le début d’une nouvelle période. "Le Premier ministre a donné des balises pour un retour progressif à partir du 11 mai. La réouverture des commerces, hors cafés restaurants, est une très bonne nouvelle car cette activité tire une grande partie de l’économie" ,positive Fabrice Le Saché, porte-parole du Medef.

A la CPME on est plus circonspect. "Oui, les commerces rouvrent mais avec des conditions sanitaires qui imposeront une réduction de la clientèle donc le chiffre d’affaire ne sera pas au rendez-vous", alerte Jean-Eude Dumesnil, son délégué général. L’organisation dédiée aux PME, estime que c’est une remise à niveau par rapport aux grandes surfaces restées elles ouvertes. Mais elle regrette la décision de maintien d’une fermeture nationale des cafés et restaurants, estimant qu’on aurait pu les rouvrir dans les départements où le virus circule très peu. "Cela veut dire que toute l’activité lié au tourisme ne va pas reprendre."

Le patronat est aussi très en attente de la manière dont vont s'organiser les transports en commun, qui seront gérés au niveau local par les autorités de transports et les opérateurs concernés. Cela conditionne beaucoup le niveau d’activité mais aussi la reprise de la consommation. Beaucoup d'éléments restent à clarifier sur la circulation dans les zones rouges et vertes.

Alerte sur le maintien des mesures de soutien

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Au-delà, les chefs d’entreprises ont bien compris le message de "progressivité" martelé par le Premier ministre et en tirent les conclusions. Pour eux, il faut maintenir les mesures de soutien d’urgence, voire les renforcer. Une petite phrase assez elliptique du premier ministre a attiré leur attention : "Le dispositif d’activité partielle, qui est l’un des plus généreux d’Europe, restera en place jusqu’au 1er juin". Et après ? Que se passera-t-il ?  

"Nous demandons expressément à ce que le dispositif perdure après le 1 er juin, car nous n’aurons pas retrouvé une activité normale et ce serait catastrophique pour les entreprises et les salariés", déclare Fabrice le Saché, Il est repris en chœur par Jean-Eude Dumesnil : "Il faut que le chômage partiel soit maintenu bien au-delà de juin, sinon les licenciements vont pleuvoir". Le gouvernement envisage-t-il de le réserver à certains secteurs, de réduire le taux d’indemnisation, d’abaisser le plafond qui est de 4,5 Smic ou décidera-t-il de le prolonger ? Rien n’est dévoilé à ce stade. Comme pour les mesures sanitaires, le gouvernement envisage sans doute de se décider par étape, mais le qualificatif de "dispositif le plus généreux d’Europe" utilisé par le Premier ministre n’a sans doute pas été glissé pour rien. En France, les salariés sont indemnisés à hauteur de 84 % de leur net, en Allemagne le chômage partiel s’établit entre 60 % et 67 % du net.

Pour la CPME, il faudra aussi tenir compte de ce lent retour de l’activité imposé par les mesures sanitaires sans doute élargir les secteurs où le report de charges se transformera en annulation.

Prise en main de l'organisation du travail

L’appel d’Edouard Philippe aux entreprises pour repenser les conditions de travail avec le personnel : "sous la forme de nouveaux plans d’organisation du travail, avec une attention particulière aux emplois du temps, aux gestes barrières, à l’aménagement des espaces de travail" a été bien reçu. Les entreprises ne l’avaient pas attendu pour le faire. "Celles qui ont déjà repris leur activité ont déterminé des protocoles avec leur salariés. C’est un gros travail qui implique de revoir les process, les chaînes, les flux que toutes les entreprises mettent en œuvre à partir des recommandations des branches professionnelles, explique Fabrice Le Saché convaincu que la recommandation de maintien de télétravail sera suivie, car nous voulons que le déconfinement se passe bien, il y a un alignement d’intérêt en la matière." La CPME, elle, malgré les 60 guides métiers promis, s’inquiète toujours de la responsabilité du dirigeant en cas de contamination et de l’insécurité juridique que cela fait peser sur la reprise de l’activité.

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