"Il fallait donner un horizon, commente Didier Fegly, président du groupe Sacred, une ETI spécialisée dans le caoutchouc et le thermoplastique. Je comprends très bien que l’on ait besoin d’un équilibre entre le respect des obligations sanitaires et la nécessité de relancer l’activité économique", poursuit le dirigeant, estimant que les mesures présentées par Edouard Philippe devant les députés "sont des choix de bon sens avec des alternatives possibles selon l’évolution de la situation". Une opinion partagée par Jean-Marie Nusse, directeur général délégué du groupe Exacompta Clairefontaine. "L’idée de modulation géographique est intéressante, insiste-t-il. C’est la prudence et il y a des points d’étapes avec la possibilité de revenir en arrière".
"Continuer à assurer la protection de tous"
Ayant maintenu pour l’essentiel leur production depuis le début de la période de confinement, le 17 mars, les deux dirigeants ont fait l’expérience de la mise en œuvre des mesures de protection sur leurs différents sites. "Nous avons mis en place des protocoles sanitaires très précis, explique Didier Fegly, qui se félicite de l’obligation du port du masque pour tous les usagers des transports. "Il faut continuer à assurer la protection de tous pour éviter une nouvelle vague de contagion", insiste-t-il.
Au sein du groupe Exacompta Clairefontaine, qui représente près de 3 000 salariés en France répartis sur une trentaine de sites, "on s’inscrit tout à fait dans ces démarches", poursuit Jean-Marie Nusse. Cependant, "pour une grande partie de nos unités de fabrication qui sont situées en province, parfois même en milieu rural, le problème des transports ne se pose pas de manière aussi cruciale car nos salariés utilisent le plus généralement un moyen de transport individuel", explique le dirigeant.

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La réouverture des commerces bienvenue
La reprise progressive annoncée de l’activité scolaire est également perçue comme un point positif. "Il faut tester de nouvelles organisations le plus tôt possible et permettre aux parents qui le peuvent et le souhaitent de reprendre leur travail", selon Jean-Marie Nusse. D’ailleurs, pour le patron du groupe papetier, "il faut jouer de toutes les cartes" pour une reprise progressive de l’activité professionnelle et économique. "Nous poursuivrons aussi le télétravail, là où c’est possible", ajoute-t-il.
Le dirigeant se félicite également de la prochaine réouverture des commerces. "L’industrie ne peut pas vendre si les commerces ne vendent pas, rappelle-t-il. Il faut que les points de vente soient de nouveau accessibles, ne serait-ce que pour réceptionner les produits qu’ils ont commandés. Aujourd’hui, les expéditions de notre principale papeterie, située dans les Vosges, stagnent à environ 60 % de la production. Nous ne pouvons pas éternellement stocker les produits que nous fabriquons".
Aller au-delà du 1er juin pour l'activité partielle
Si les nouvelles annonces des pouvoirs publics s’inscrivent dans une perspective positive, selon les deux dirigeants d’ETI, la question cruciale reste néanmoins celle des encours de commandes. "C’est la demande client qui m’inquiète", rappelle Didier Fegly. Compte tenu de la très forte baisse d’activité dans la filière automobile, qui représente environ 65 % du chiffre d’affaires du groupe Sacred, le dirigeant envisage un nouvel arrêt d’une partie de sa production face à l’accumulation des stocks.
"Je regrette que le dispositif d’activité partielle n’ait été reconduit que jusqu’au 1er juin, explique-t-il. Il faudra certainement aller au-delà". La problématique est identique pour le groupe Exacompta Clairefontaine. "Le seul bon argent qui rentre est l’argent des clients, selon Jean-Marie Nusse. Les aides sont des palliatifs". Le dirigeant du spécialiste des produits de papeterie s'inquiète notamment de la situation possible au troisième trimestre de 2020 : "Y aura-t-il assez de commandes, de volumes et de clients suffisamment fiables pour faire tourner nos usines ?", s'alarme-t-il.



