« Nous avons tellement bien travaillé, depuis dix ans, à rattraper l’écart salarial entre les femmes et les hommes, que notre dernier accord étend aux hommes le sujet de l’égalité salariale. En moyenne, les femmes gagnent 2% de moins, mais dans certaines équipes, elles sont mieux payées que les hommes », détaille Pierre-Alain Coget, le directeur des relations sociales de Capgemini en France. « C’est un signal énorme, qui montre qu’on a beaucoup avancé depuis le premier accord de 2011 », se réjouit Louis Duvaux, le délégué syndical central CFTC.
Son syndicat est l'un des cinq sur les six du groupe (sans la CGT) à avoir signé, le 21 avril 2021, un « accord sur l’égalité entre les femmes et les hommes, la parentalité, l’équilibre des temps et la mobilité durable ». C'est le quatrième, depuis 2011, à dédier un budget au rattrapage salarial. Quelque 500 000 euros y seront consacrés en 2021, puis 600 000 par an à partir de 2022, auxquels pourront s’ajouter environ 500 000 euros dans le cadre des négociations annuelles obligatoires.
C’est l’expert du comité d’entreprise (CSE aujourd’hui) qui a bâti une méthodologie de plus en plus fine pour comparer les salaires des 25 000 collaborateurs de Capgemini en France, selon l’âge, la fonction, l’ancienneté. Les groupes étudiés sont de plus en plus petits, il y en a aujourd’hui près de 380 ! Capgemini a obtenu 94 points sur 100 lors de la mesure de l’index de l'égalité professionnelle femmes-hommes, mais 39 points sur 40 pour le sujet des salaires. « Il nous reste à progresser sur le nombre de femmes présentes dans le haut de la pyramide », reconnaît Pierre-Alain Coget.
Parentalité et équilibre de vie
Au fil des années, les accords ont ajouté les thématiques du recrutement et des parcours professionnels, de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, et de la parentalité, pour que l’entreprise soit attractive. « Nous évoluons dans un milieu très compétitif, nous souhaitons conserver nos talents et en attirer de nouveaux, donc nous distinguer » explique Pierre-Alain Coget.
Les salariés ont droit à un temps partiel à 90%, qui permet de ne pas travailler pendant une semaine à chaque vacance scolaire. Des solutions de gardes d’enfant en cas d’urgence sont proposées, ou un réseau de profs pour faire du soutien scolaire. L’accord de 2021 améliore certains dispositifs : les jours de congés pour enfant malade ont été étendus, des enfants de moins de 4 ans à ceux de moins de 6 ans, et le nombre de jours a augmenté de 2 à 4 par an (5 pour les parents isolés).
Lutte contre le harcèlement sexuel
« Dans chaque accord, on expérimente une solution. Puis on regarde ce que donne le pilote et on déploie ou on ajuste », explique Pierre-Alain Coget. Au départ, la direction craignait une envolée des dépenses avec les jours enfant malade. Ils se sont établis à 1,7 jour en moyenne par salarié, parce que certains ne les utilisent pas. Il a donc été possible d’augmenter leur nombre.
Dans l’accord de 2021, un nouveau chapitre est consacré aux agissements sexistes et au harcèlement sexuel, avec la mise en place d’une procédure spécifique d’alerte pour tout salarié qui s’estime victime, le recours à un prestataire extérieur, des référents internes (un représentant de la direction, un représentant du personnel). Une dizaine d’alertes a déjà eu lieu, indique la direction.
Pour la première fois, le texte aborde la mobilité durable. « Un cavalier législatif ! », plaisante le délégué CFTC. « Une obligation légale que nous avons voulu traiter sans tarder », précise le directeur des affaires sociales, qui n’exclut pas un accord spécifique dans quelques années.



