Avis aux Cassandre qui se désespèrent de l’inégalité femme-homme dans le monde économique. Les femmes dirigeantes sont désormais autant, voire mieux rémunérées que les hommes dans les entreprises cotées sur Euronext. C’est le constat réalisé par l’hebdo des AG, une société de conseil qui suit les assemblées générales et analyse les documents de référence des 350 entreprises du CAC all tradable (une version un peu élargie de l’ancien SBF 250).
Les entreprises sont divisées en trois groupe : le CAC 40, le Next 80 et le Next ++, c’est-à-dire 230 autres plus petites. Et les moyennes de rémunérations pour les hommes et pour les femmes identifiées dans chacun de ces groupes témoignent du souci d’égalité des conseils d'administration.
Le Next ++, forte prime aux femmes
Dans ce groupe élargi d’entreprises, les femmes étaient en moyenne rémunérées 2,2 millions d’euros, contre 600 000 euros pour les hommes en 2021. C’est donc un écart très favorable en faveur des femmes. Etonnant ? Selon l'Hebdo des AG, il s’explique, en réalité, par le fait que "les dirigeants hommes sont souvent les fondateurs des entreprises et qu’ils ont d’autres circuits de rémunération que leur mandat social". Ils perçoivent notamment des dividendes. De plus, selon une étude de Middlenext de 2020, les entrepreneuses créatrices d’ETI franchissent moins souvent le pas de la cotation. Reste que pour leur mandat, les femmes n’ont rien à envier aux hommes.
Le Next 80, légère avance des femmes, encore moins nombreuses
Dans le Next 80, qui compte des entreprises comme Eramet, dirigée par Christel Bories, Maisons du monde (Julie Walbaum), Solvay (Ilham Kadri) ou encore La Française des jeux (Stéphane Pallez), la moyenne de rémunération des femmes est de 3,4 millions d'euros, contre 3,1 millions pour les hommes pour 2021. Elles sont encore peu nombreuses à la tête des entreprises, et de manière générale, les écarts viennent des entreprises : lorsqu’une femme succède à un homme, la rémunération reste la même. L’an dernier, en 2020, année de vaches plutôt maigres en matière de rémunérations pour cause de crise sanitaire, les femmes ont touché en moyenne 1,9 million d'euros, contre 1,7 million pour les hommes.
Le cas particulier du CAC 40
"Le cas du CAC 40 est un peu atypique, puisqu’on ne compte qu’une seule femme dirigeante exécutive, Catherine MacGregor chez Engie" prévient Bénédicte Hautefort, fondatrice de l’Hebdo des AG. Difficile, donc, de comparer la moyenne d’un groupe qui compte 39 entreprises avec la seule rémunération de Catherine MacGregor, qui est de plus influencée par les recommandations gouvernementales, dans une entreprise où l’Etat détient près d’un quart du capital et 33,39% des droits de vote. La rémunération de cette dernière pour 2021 est de 3,8 millions d'euros, alors que la moyenne pour le reste du CAC 40 - piloté par des hommes - est à 5,3 millions.
Pour pouvoir évaluer la situation dans le CAC 40, il faut plus de femmes à la tête des très grandes entreprises. Pour accélérer le mouvement, une proposition de loi visant à instaurer un quota de 30% de femmes parmi les cadres dirigeants et cadres membres des instances dirigeantes a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 12 mai. Elle devrait être définitivement votée d’ici la fin de l’année 2021.



