Ce vendredi 18 juin va-t-il apporter une bonne nouvelle à la France et au constructeur aéronautique Dassault ? Après avoir débloqué un budget de 6 milliards destiné au renouvellement de sa flotte aérienne fin 2020, la Suisse doit en effet rendre sa décision concernant le modèle de 30 à 40 avions de chasse dont elle souhaite s’équiper. Ils ne sont plus que quatre en lice: le Rafale de Dassault, l’Eurofighter d’Airbus, le Super Hornet de Boeing et le F-35A de Lockheed-Martin. Et, selon nos confrères du journal suisse Le Temps, « pour le Super Hornet, comme pour le F-35A, la provenance pourrait poser problème » alors que « la résiliation de l’accord-cadre avec l’Union européenne fin mai parle pour un geste en faveur de nos voisins » européens. Face à Airbus, Dassault aurait toutes ses chances, d’autant que « début avril, Armasuisse annonçait avoir choisi SkyView – entreprise française – pour moderniser son système radar », estime Le Temps.
En parallèle, la vente de 36 Rafale à l’Indonésie, annoncée depuis six mois, aurait finalement abouti début juin, selon le site d’information aéronautique local Airspace Review, qui cite des sources au ministère indonésien de la Défense. Un contrat que Florence Parly, son homologue française, annonçait déjà comme « imminent » en décembre 2020.
La stratégie de la France pour engranger les contrats à l'étranger
Des succès qui s’avèreraient non négligeables pour cet avion de combat qu’on considérait comme encore inexportable au début des années 2000. Ces derniers mois, les contrats à l’étranger se sont multipliés car la France a su se montrer flexible. C’est ainsi qu’elle a convaincu début 2021 la Croatie de s’équiper de 12 appareils d’occasion pour un milliard d’euros. L’avion de combat tricolore était en compétition avec le Gripen suédois et les F-16 américains. Outre les performances intrinsèques du Rafale, la capacité à livrer rapidement des appareils a été un facteur clé du succès de l’offre française. La Croatie avait un besoin impératif de remplacer sa flotte vieillissante de Mig-21 à partir de 2024. Comme précédemment avec la Grèce, la France a trouvé la solution en prélevant directement des appareils en service au sein de son armée de l’air.
En 2021, l’avion de Dassault a en effet également séduit la Grèce pour 2,5 milliards d’euros (18 appareils, dont 12 d'occasion) et l’Egypte pour 4 milliards d’euros (30 appareils). De quoi faire redécoller les exportations d’armes de la France en 2021.
Le Rafale reste en lice en Finlande, qui a lancé une compétition pour l’achat de plus de 50 appareils. L’Inde, déjà client, pourrait également passer des commandes supplémentaires. En cas de nouveau contrat, Dassault Aviation n’aura sûrement pas d’autre choix que d’augmenter ses cadences jusqu’à trois appareils par mois et de procéder à de nouvelles embauches. Aujourd’hui, la fabrication de 12 Rafale représente une charge industrielle d’une année pour Dassault Aviation et ses 500 PME sous-traitantes, soit environ 7000 employés. Après une longue période de disette industrielle, le Rafale s’apprête enfin à décoller industriellement.



