Chronique

Pourquoi le (très) bon bilan carbone du nucléaire français ne change rien

EDF a présenté le 16 juin son étude de l’analyse du cycle de vie du nucléaire français. Les résultats sont meilleurs que ceux utilisés jusque-là par l’Ademe. Une bonne nouvelle pour la filière, mais qui ne change pas la donne. Le nucléaire a d'autres défauts...

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mines d'uranium à ciel ouvert au Niger Orano
Les mines d'uranium pèsent pour 36% dans le bilan carbone du nucléaire français.

Voilà un chiffre que la filière nucléaire française va pouvoir brandir à l’envi. Selon une très complète étude de l’analyse de cycle de vie du parc nucléaire français publiée par EDF le 16 juin, le nucléaire n’émet que 4 grammes équivalent CO2 par kilowattheure (g eq CO2/kWh) produit. Plus précisément, une moyenne de 3,7 g eq CO2/kWh, ce chiffre variant entre 2,9 et 4,6 g eq CO2 /kWh en fonction de paramètres comme la durée de vie des réacteurs et le niveau de production. Les calculs prennent bien tout en compte, de la mine d’uranium au stockage des déchets, en passant par la construction des réacteurs, la fabrication du combustible et la déconstruction, sur les 58 réacteurs du parc français en 2019.

4 grammes équivalent CO2 par kilowattheure, c'est bien...

Le principal poste d’émission se situe dans l’amont du cycle (57%), c’est-à-dire au niveau des mines d’uranium (1,3 g eq CO2/kWh) et de la conversion du minerai par Orano. Largement devant la production-construction (0,6 g eq CO2/kWh) et l’aval du cycle, notamment le traitement du combustible usé (0,5 g eq CO2/kWh). L’étude indique aussi que 20% des émissions du stockage de déchets sont du méthane, que 15% de celles de la production concernent de l’hexafluorure de soufre (SF6) et près de 30% de celles de la conversion de l’uranium sont du protoxyde d'azote.

Dans les tous les cas, 4 g eq CO2/kWh, c’est mieux que les 6 g de CO2 estimés par l’Ademe jusque-là et utilisés pour comparer le nucléaire à la production d’électricité au charbon (1058 g CO2 par kWh), au gaz (418 g CO2 par kWh), par l'éolien (10g) ou le solaire  (30g). C’est bien mieux aussi que les 12 g utilisés comme référence par les experts climat du Giec pour le nucléaire mondial. Mais cela ne change pas la donne.

... mais la question n'est pas là

Le problème du nucléaire n’est pas son bilan carbone, mais ses déchets. Que ce soit 4g ou 6g, cela ne devrait pas faire changer d’avis les 70% de jeunes de moins de 25 ans qui ne pensent pas le nucléaire comme un atout pour lutter contre le changement climatique, selon un baromètre d’EDF. Cela ne dit surtout rien des problèmes industriels que rencontre la filière depuis des années, que ce soit pour la construction de nouveaux réacteurs, la production de pièces, le maintien en l’état des équipements majeurs ou la perte de compétences.

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