Energie : Consommation d'électricité, prix négatifs, exportations… Cinq points à retenir du bilan à mi-année de RTE

L’électricité française demeure l’une des plus attractives d’Europe, mais la pression augmente sur les épaules des producteurs, selon le dernier bilan du gestionnaire du Réseau de transport d'électricité (RTE), publié mercredi 23 juillet. L’Usine Nouvelle détaille cinq points à retenir de ce rapport.

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Brebis sur le parc photovoltaique Fo,tenet de Bay-Wa
La production totale d’électricité est restée globalement stable au premier semestre 2025. La production solaire s’est envolée de 29% sur les six premiers mois par rapport à la même période en 2024.

Poussée par l’essor du solaire et la reprise du nucléaire, la production électrique maintient son niveau de production de 2024, selon le bilan du gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE), paru mercredi 23 juillet. L’Usine Nouvelle revient sur cinq points essentiels de cette étude.

1 - Une envolée des heures en prix négatifs

Le secteur électrique français a comptabilisé 368 heures de prix négatifs sur le marché spot depuis le début de l'année. Ce niveau dépasse en six mois le cumul enregistré sur l’année 2024 entière (361 heures), et représente deux fois plus que l’année 2023. Les prix sont toutefois restés proches du plancher, se maintenant entre -1€ et 0€ par mégawattheure (MWh) plus de la moitié des heures passées en négatif.

Cette accélération des épisodes de prix sous zéro provient notamment de l’essor du solaire dans le mix électrique français. «Cette production solaire devenant abondante en milieu de journée, en dehors des pointes de consommation quotidienne du matin et du soir, elle entraîne ainsi un nombre plus important de prix négatifs», précise le rapport. L’électricité n’étant pas stockable, produire à perte demeure souvent plus rentable que d’éteindre et de rallumer une centrale électrique. Comme chez ses voisins européens, le prix moyen sur le marché spot a toutefois gonflé en un an, du fait d’un niveau élevé des prix du gaz et de plusieurs épisodes de froid en hiver.

2 - Le prix de l’électron français parmi les plus faibles d’Europe

L’électricité française se négocie néanmoins à prix bien moindre que ses voisins européens, aussi bien sur le marché spot que sur le marché à terme. Dans le cas des produits pour livraison l’année suivante les contrats négociés ont affiché un prix moyen de près de 65€/MWh en 2025. Bien loin de l’Italie (108€/MWh), du Royaume-Uni ou encore l’Allemagne, qui gravitent tous deux autour de 90€/MWh. Exception faite de l’Espagne, qui affiche un prix légèrement inférieur au prix français.

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Les acheteurs français profitent notamment d’un prix de l’électricité en chute sur le marché à terme - dans lequel les acteurs signent des contrats pour une fourniture dans les jours, semaines, mois, années à venir. Pour mémoire, celui-ci avait atteint 80€/MWh au premier semestre 2024. En cause, une production française abondante ainsi qu’un «faible niveau de consommation», pointe le gestionnaire de réseau.

3 - La consommation électrique française stabilisée par l’industrie de la chimie

La consommation d’électricité est restée stable au premier semestre 2025, alors qu’elle avait augmenté à la même période en 2024. En cause, l’important fléchissement de la consommation de l’industrie chimique, en baisse de 10% au premier semestre. La filière, figurant parmi les plus importants consommateurs d’électricité, traverse une période économique morose, plombée par la concurrence des chimistes américains et chinois.

Cette chute de la consommation électrique de la chimie a largement compensé l’appétit grandissant des autres secteurs : transport ferroviaire, métallurgie et agroalimentaire en tête. Les ménages devraient également maintenir la pression sur le réseau durant l’été, en raison des vagues de chaleur successives. Ceux-ci pourraient provoquer un pic de consommation liée à l’utilisation de la climatisation et de la ventilation en été.

4 - Des producteurs d’électricité confrontés à un excès d’offre

L’électricité produite en France est si abondante qu’il n’existe «pas d’inquiétude en matière de disponibilité de l’offre en électricité pour la suite de l’été 2025», souligne le rapport. Revers de la médaille : les producteurs devront gérer des épisodes de surplus de production, confronté à une consommation française en berne.

Alors que l’électrification des usages tarde, les acteurs de l’électron planchent sur d’autres solutions pour faire face aux excès de production. Début février 2025, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a ainsi publié un projet de refonte des heures creuses, afin de les décaler entre 11 et 17 heures d’avril à octobre. Objectif : correspondre aux périodes de production photovoltaïques maximum, où le risque de prix négatif est le plus élevé. Autre piste pour les producteurs : augmenter les capacités de stockage batterie. Certains acteurs ont déjà investi dans ces technologies. Las, aucun cadre n’a été fixé dans la programmation pluriannuelle de l’énergie 2025-2035.

5 - Le record d’exportations de 2024 ne sera probablement pas battu en 2025

La balance électrique française a atteint un excédent de près de 38 térawattheures, son deuxième plus haut premier semestre jamais enregistré. L’Hexagone a été exportateur net chaque mois. Parmi les bons élèves, l’énergie photovoltaïque a augmenté sa production de près d’un tiers par rapport à 2024, grâce à de meilleures conditions d’ensoleillement et à l’expansion du parc français. Le nucléaire poursuit également la hausse de sa production d’électrons depuis la crise liée au phénomène de corrosion sous contrainte en 2022.

Il est toutefois «peu probable» que la France dépasse son record de 2024, estime le rapport. Les productions ont reculé dans l’éolienne et hydraulique au premier semestre, en raison de conditions météorologiques moins favorables. L’année précédente a été marquée par une très avantageuse pluviométrie. La production des barrages français avait alors atteint son plus haut niveau en dix ans.

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