La baisse des prix de l’électricité mine les résultats d’EDF au premier semestre 2025

Le bénéfice net d’EDF a chuté de 22 % au premier semestre 2025 par rapport aux six premiers mois de 2024, plombé par la chute des prix de marché. Le groupe a confirmé sa volonté de se recentrer sur le nucléaire, au détriment des énergies renouvelables.

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Centrale nucléaire de Penly d'EDF et derrière la falaise à casser pour installer deux EPR2
Le premier EPR2 d'EDF, installé à la centrale nucléaire de Penly, devrait être mis en service à l'horizon 2038.

Nommé à la tête d’EDF début mai, Bernard Fontana a réalisé jeudi 24 juillet son baptême du feu en matière de présentation financière, en dévoilant les résultats du groupe au premier semestre 2025. Ces derniers sont tout d’abord marqués par un léger repli du chiffre d’affaires (59,4 milliards d’euros contre 60,2 milliards d’euros lors du premier semestre 2024), mais surtout par une diminution de 22% du bénéfice net part du groupe, à 5,5 milliards d’euros, et une baisse de l’Ebitda de 17%, à 15,5 milliards d’euros. Ce déclin peut paraître surprenant face au dynamisme de la production nucléaire française, qui a augmenté de 4,4 TWh sur un an, mais n’a en réalité rien d’étonnant au vu du contexte général de baisse des prix de marché. «Les prix en France sont parmi les plus bas d’Europe désormais», a précisé lors de la présentation Marc Benayoun, l’un des directeurs exécutifs d’EDF. Celui-ci explique ce niveau par «une demande très contenue» et l’adoption de mesures d’efficacité énergétique, mais indique anticiper «une hausse progressive» des prix de l’électricité.

Bernard Fontana a rapidement mis l’accent sur «la priorité numéro un du groupe EDF», à savoir le nucléaire. Sur le premier semestre 2025, le groupe a été confronté à plusieurs défis dans ce secteur, parmi lesquels des arrêts imprévus de l’EPR de Flamanville. Selon le nouveau PDG, celui-ci devrait atteindre 100% de sa puissance à la fin de l’été. Le dirigeant se félicite par ailleurs qu’un accord ait été trouvé avec l’Etat sur les principales modalités du programme EPR2. Il évoque parmi elles «un prêt public représentant plus de 50 % des coûts de construction, un contrat pour différence garantissant un revenu en phase d'exploitation, et un partage des risques offrant une protection pour les éléments échappant au contrôle d’EDF». La décision finale d’investissement est quant à elle attendue «d’ici à la fin de l'année 2026». Enfin, le PDG a confirmé l’investissement maximum progressif de 1,1 milliard de livres sterling dans le chantier Sizewell C, ce qui permettra au groupe de posséder 12,5% du capital.

Réduire la voilure à l’étranger

Cette présentation a également été l’occasion pour EDF de faire un point sur sa politique commerciale. Concernant les offres de fourniture de moyen terme, le groupe indique avoir contractualisé avec plus de 12000 entreprises depuis fin 2023, dont 60% dans l’industrie, pour un total de 22 TWh pour 2028, 16 TWh pour 2029 et 2 TWh pour 2030. Pour les contrats de long terme, «nous avons signé à date deux contrats d'allocation de production nucléaire (CAPN) et douze lettres d'intention pour près de 16 TWh annuels», a rappelé Bernard Fontana. Évoquant «les besoins spécifiques» de certains industriels, et notamment des électro-intensifs, l’ancien dirigeant de Framatome a rappelé que les CAPN n’étaient pas les seuls contrats de «la large palette d’offres» du groupe. Dans ce cadre, un contrat a d’ores et déjà été signé avec Aluminium Dunkerque, et deux protocoles d’accord ont été signés avec Arkema et Kem One. «Des annonces complémentaires seront faites prochainement», a indiqué le PDG, précisant que des discussions sont en cours pour conclure d’autres accords.

Parallèlement, EDF a confirmé sa volonté de poursuivre son développement dans les énergies renouvelables, mais avec «un modèle d’affaires moins demandeur en capitaux». Le groupe a notamment été échaudé par la dépréciation d’actifs de 900 millions d’euros qu’il a été contraint d’effectuer en 2024 dans sa coentreprise d’éolien en mer avec Shell aux Etats-Unis. Ce recentrage sur ses activités phares pourrait se traduire par d’éventuelles cessions, a laissé entendre Bernard Fontana. «Il n'est pas interdit de faire respirer ici ou là des portefeuilles [...] à un moment où le groupe a besoin d'engager des investissements très importants dans le nouveau nucléaire», a-t-il déclaré, interrogé sur une rumeur prédisant la vente de sa filiale Dalkia. Le recentrage sera par ailleurs également géographique, puisque le PDG avait indiqué dès le mois de juin sa volonté de mettre un frein «sur les grandes aventures internationales». Le groupe chercherait notamment à s’alléger en Amérique du Nord, où sont installées 35 % de ses capacités éoliennes et solaires.

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