EDF autorisé à prolonger ses 20 réacteurs nucléaires de 1300 MW au-delà de 40 ans

L’Autorité de sécurité nucléaire et de radioprotection a validé, mais avec des demandes supplémentaires, le dossier générique de poursuite de fonctionnement des 20 réacteurs de 1300 MWe au-delà de leur quatrième visite décennale. L’autorisation finale d’aller jusqu’à 50 ans sera délivrée, pour dix ans, au cas par cas.

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FARN Paluel force d'action rapide nucleaire
Mis en service entre décembre 1985 et juin 1986, les quatre réacteurs de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) ont été construits par Framatome sur un design Westinghouse. C'est là que commencera, en juin 2026 la première visite décennale du pallier 1300 MWe.

La copie d’EDF pour prolonger au-delà de 40 ans ses 20 réacteurs nucléaires de 1300 MWe a été validée par l’Autorité de sécurité nucléaire et de radioprotectio (ASNR) le 1er juillet. Comme elle l’avait fait en février 2021 pour prolonger au-delà de 40 ans les 32 réacteurs de 900 MWe. Les réacteurs concernés cette fois sont les 8 du palier P4 (4 à Paluel, 2 à Saint-Alban et 2 à Flamanville) mis en service entre 1984 et 1987 et les 12 du palier P'4 (2 à Belleville-sur-Loire, 4 à Cattenom, 2 à Golfech, 2 à Nogent-sur-Seine et 2 à Penly), mise en service de 1987 à 1994.  Ils sont tous sur un design Westinghouse, avec quelques apports de Framatome pour le pallier P'4. Ils produisent plus de 40% de l’énergie nucléaire, précise le cabinet du ministère de l’Industrie et de l’Energie.

Comme pour les 900 MWe, cette décision est importante, car une hypothèse de 40 années de fonctionnement avait été retenue pour la conception de certains matériels des réacteurs (comme les cuves), rappelle l’ASNR. La poursuite au-delà de cette période nécessite une actualisation des études de conception ou des remplacements de matériels. Sur tout le parc d'EDF, cette prolongation est une priorité absolue. EDF investit entre 4 et 4,5 milliards d'euros par an dans la maintenance et la prolongation de son parc nucléaire.

Un bilan annuel devra être rendu public 

Mais EDF devra quand même améliorer sa demande. Outre les améliorations génériques de sûreté prévues par l’électricien, l’ASN a formulé des demandes complémentaires, qui seront déclinées ensuite réacteur par réacteur. L’ASNR s’inquiète notamment de la maîtrise du vieillissement des matériaux, certains dossiers d’aptitude à la poursuite de l’exploitation de composants (DAPE) et des fiches d’analyse de vieillissement (FAV) n’étant pas conclusifs. La méthodologie des locaux inaccessibles est aussi à revoir. Les soudures des enveloppes des générateurs de vapeur, et des pressuriseurs devront être mieux contrôlées. Des demandes complémentaires concernent également les revêtements d’étanchéité des enceintes de confinement, la réévaluation des risques d’agressions d’origine interne ou externe, le risque incendie, le risque d’explosion d’origine interne, d’inondation, et des études d’accident.

Chaque prolongation fera l’objet d’une enquête publique. L’ASNR demande aussi à EDF de rendre compte tous les ans des actions mises en œuvre pour respecter ses prescriptions, des calendriers et surtout de sa capacité industrielle et de celle de ses sous-traitants à réaliser dans les délais les modifications des installations. Un bilan annuel devra être rendu public. Les travaux sont prévus pour s’étaler jusqu’en 2040 pour les derniers réacteurs.

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