Pourquoi l’été va être très tendu pour EDF à l’EPR de Flamanville

EDF va devoir attendre la fin de l’été pour avoir le retour de l’Autorité de sûreté du nucléaire sur la solution qui lui permettrait de mettre en service l’EPR de Flamanville en 2023.

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EDF EPR Flamanville
EDF a proposé à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) une solution pour éviter de refaire trois piquages dans le circuit primaire principal. L'agence doit rendre son avis avant la fin de l'été.

Le 15 mars 2021, EDF reportait un risque « très élevé » de nouveau dérapage sur le calendrier et le coût de l’EPR de Flamanville 3 (Manche). Repoussé pour la énième fois, à fin 2022 cette fois, à cause de soudures de traversées de l'enceinte de confinement à refaire sur le circuit secondaire principal, le démarrage du réacteur tête de série pourrait donc être retardé une fois de plus. En cause désormais, des « écarts de conception sur trois piquages », la partie d’une tuyauterie qui la raccorde à une autre, sur le circuit primaire principal, où circule l’eau pressurisée du réacteur. Impossible à refaire sans tout démonter, ou presque.

EDF a donc cherché une solution alternative. Après « une étude incomplète », EDF a constitué « une équipe dédiée de plus de 50 personnes, composée d’ingénieurs du projet EPR et de Framatome », le concepteur du design de l’EPR, pour étudier « l’ensemble des scénarii de traitement de cet écart », explique EDF. Une synthèse a été transmise à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 18 juin, dans laquelle EDF détaille sa solution technique envisagée pour régler le problème.

Installer des colliers

Elle consiste en « un collier qui viendra se positionner sur chacune des trois soudures », précise EDF. En cas de rupture hypothétique des soudures, ce dispositif permettrait de garantir le respect des exigences de sûreté prévues à la conception, tout en évitant des interventions complexes sur le circuit primaire principal. Une sorte de gros garrot bien étanche. Cette solution « robuste en terme de sûreté » selon EDF, qui pourrait être rapidement installée, présente surtout l’avantage d’être « compatible avec le planning de démarrage de l’EPR ». Enfin, si l’ASN l’accepte.

L’agence a promis de faire un retour à EDF avant la fin de l’été « sur les principes de conception et de fabrication proposés ». Sachant qu’EDF ne devrait transmettre à l’Autorité de sûreté le dossier technique complet à instruire qu’à partir de fin septembre. L’été va donc être studieux pour les équipes d’ingénierie d’EDF, de Framatome et de l’ASN. D’autant que les enjeux dépassent celui de la date de démarrage de l’EPR.

Enjeux politiques

Le gouvernement actuel a en effet lié la décision de construire de nouveaux EPR au démarrage de celui de Flamanville. Plus il est retardé, plus la décision tardera, sauf peut-être sous un nouveau gouvernement. Un nouveau retard dans sa mise en service, qui dans tous les cas ne pourra pas intervenir avant 2023, pose également des problèmes de sécurité d’approvisionnement en électricité et empêchera de fermer, comme prévu, la centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique).

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