Pour redevenir compétitif, Orano inaugure à Cherbourg une usine d’emballage de combustibles nucléaires usés

Orano a inauguré le 17 octobre une nouvelle usine sur le port de Cherbourg. Elle doit lui permettre de redevenir compétitif sur le marché mondial des grands emballages destinés au transport et à l’entreposage à sec des combustibles nucléaires usés.

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Orano TN Eagle Factory de Cherbourg
Inspiré de l'aéronautique, la TN Eagle Factory d'Orano à Cherbourg est entièrement automatisée et digitalisée.

C’est une usine «unique en son genre», qu’Orano inaugure, le 17 octobre, sur le port de Cherbourg (Manche). Dans un bâtiment tout neuf de 6600 m² et 25 mètres de haut, sa division emballages nucléaires et services, Orano NSP, débute la production de ses nouveaux emballages pour le transport et l’entreposage à sec de combustibles nucléaires usés, les TN Eagle.

De grands tubes d’acier et de résine étanche à la radioactivité, de 5 mètres de haut et de 130 à 140 tonnes. Ils seront fabriqués «en 14 à 15 mois aujourd’hui contre 49 mois auparavant», explique Frédéric de Agostini, responsable d’Orano NSP. Grâce à un nouveau design simplifié validé par l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), sur lequel ont planché les équipes d’Orano à partir de 2018, l’industrie a réduit le nombre de composants de ses emballages de 10000 à 1000, ainsi que le temps de fabrication de 4 à 1 an. «Depuis quelques décennies, nous fabriquions des emballages sûrs, mais très compliqués à produire. Du fait qu’il y avait des quantités importantes de soudures à réaliser, nous rencontrions des problèmes de qualité et de retard», reconnait Frederic Agostini.

Un design simplifié

Les nouveaux emballages sont désormais réalisés à partir de forgés monobloc d’acier de 150 millimètres d’épaisseur, réalisés en Italie, sans soudure entre le fond et la virole. Ces forgés sont cerclés d’anneaux d’acier et d’une résine neutrofage (qui absorbe les neutrons) made in France, pour renforcer l’étanchéité des emballages, qui résistent à des chutes de 9 mètres et au feu durant plusieurs minutes. Le procédé d’assemblage a été testé à Cherbourg en 2021 et 2022 dans l’ancien bâtiment d’Open Hydro, filiale hydrolienne abandonnée de Naval Group. Mais celui-ci était trop bas pour passer à la production en série. Orano a donc lancé début 2024 la construction d’une nouvelle usine à 50 mètres, la TN Eagle factory, qui est entré en service en juillet. Le montant de l’investissement n’a pas été dévoilé.

Inspirée des usines de l’aéronautique, elle est entièrement robotisée et digitalisée. Les emballages de 130 à 140 tonnes ne sont pas déplacés par des ponts roulants, mais sur des véhicules automatisés. «Avant, nous produisions 15 emballages par an. Avec cette nouvelle usine, la cadence atteindra 30 emballages par an à partir de 2026, le temps de monter en cadence. Cette année, nous en produiront quatre et on table sur une vingtaine en 2025», explique le responsable d’Orano TNS. Des opérateurs ont été recrutés et formés puis deux ans en avance de phase. De 20 à 25 travailleront à terme dans l’usine à terme.

Une usine 4.0

Grâce à ce nouveau design et cette nouvelle usine, Orano espère ainsi redevenir compétitif sur un marché international de niche, mais occupé par une dizaine de fournisseurs japonais, allemands, espagnols et américains. Orano NPS emploie un peu moins de 1000 salariés dans le monde, dont 250 aux États-Unis, 60 en Asie et 80 en Allemagne. La division fabrique également des emballages pour les produits miniers et réalise 6 000 transports de combustibles nucléaires neufs ou usés par an.

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