Stellantis et Orano renoncent à leur coentreprise de recyclage de batteries de véhicules électriques

Annoncé en octobre 2023, le projet de coentreprise prévu par Stellantis et Orano pour le recyclage des batteries des véhicules électriques en fin de vie, qui devait aussi englober les rebuts de fabrication des gigafactories, n’ira pas à son terme.

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Black mass chez Fortum
La coentreprise prévue entre Stellantis et Orano devait notamment se concentrer sur la transformation mécanique des batteries en "black mass", un agrégat où se concentrent les métaux précieux.

Stellantis et Orano ne concrétiseront pas leur projet de coentreprise de recyclage des batteries des véhicules électriques en fin de vie et des rebuts de fabrication des gigafactories. «Les deux entreprises sont reconnaissantes de la relation de collaboration qu’elles ont développée et explorent d’autres relations commerciales potentielles compte tenu de la qualité du procédé de recyclage d’Orano», a indiqué, mercredi 25 septembre, l'industriel spécialisé dans le nucléaire par voie de communiqué, sans donner davantage de précisions sur les raisons de cet abandon.

Le protocole d’accord signé entre les deux entreprises était «non-engageant», souligne par ailleurs Orano. Annoncé fin octobre 2023 par Stellantis et Orano, le projet visait à créer une coentreprise dédiée au recyclage des batteries des véhicules hors d’usage et des déchets de production issus des gigafactories implantées en Europe et en Amérique du Nord. Avec cette nouvelle structure, le constructeur automobile entendait sécuriser une source d’approvisionnement en cobalt, nickel et lithium, afin de renforcer ses positions dans la chaîne de valeur des batteries. Stellantis devait être majoritaire dans la structure nouvellement créée.

La production, qui aurait dû démarrer au début de l’année 2026, devait s’appuyer sur les infrastructures existantes de Stellantis. Le géant de l’auto comptait profiter de cette nouveautés pour fournir à ses distributeurs et partenaires un moyen de gérer les batteries hors d’usage. Pour ce faire, Stellantis devait s’appuyer sur un procédé mis au point par Orano, «en rupture avec les process existants», pour récupérer tous les composants des batteries lithium-ion et permettre la fabrication de nouveaux matériaux pour les cathodes. Ceux-ci devaient être raffinés à Dunkerque (Nord), au sein d’une des futures usines d’Orano dédiées à l’univers des batteries.

L’industrie des batteries en expansion en Europe

Même si le marché des véhicules électriques est plus chahuté que prévu en Europe, conduisant ainsi le fabricant suédois de batteries Northvolt à annoncer, ce mois-ci, la suppression prochaine de 1600 emplois, plusieurs projets sont toujours en cours sur le continent.

En Allemagne, AMG Critical Materials a ouvert, le 18 septembre 2024, la première raffinerie de lithium pour batteries d'Europe, permettant de rapatrier un maillon essentiel de la production de batteries de véhicules électriques, sans pour autant suffire à construire une chaîne d’approvisionnement en lithium qui soit indépendante de la Chine. A Sandouville (Seine-Maritime), Sibanye-Stillwater prépare quant à lui la réorientation de son usine de raffinage de nickel vers la fabrication de précurseurs de matériaux de cathodes.

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