L’usine de traitement des déchets nucléaires d’Orano à La Hague avait de la visibilité jusqu’en 2040. En décidant de prolonger le recyclage des combustibles de ses centrales nucléaires jusqu’en 2100, le gouvernement lui a ouvert des perspectives jusqu’à la fin du siècle ! «Le recyclage des combustibles usés relève d’un choix stratégique de la France, qui date des années 60», contextualise Jean-Christophe Varin, directeur adjoint de l’établissement Orano de La Hague. Une histoire longue qui inscrit la France comme pays pionnier et de référence dans le domaine.
Les retombées économiques locales de l’activité d’Orano, massives, sont donc assurées pour plusieurs décennies. Chaque année, le site de La Hague réalise 950 millions d’euros d’achats, dont 75 % à des entreprises du territoire : « De la chaudronnerie, du soudage, des équipements industriels spécifiques », énumère Jean-Christophe Varin. Les achats annuels doivent monter à 2 milliards d’euros d’ici à 2030.
D'autres investissements massifs à venir
La prolongation jusque 2100 des activités de recyclage va nécessiter d’investir d’autres milliards d’euros, non encore chiffrés, dans trois directions. Tout d’abord, pour assurer la pérennisation de l’usine au-delà du délai initial de 2040 : des évaporateurs ont par exemple déjà été remplacés. Ensuite, pour construire une nouvelle usine, qui prendra le relais de l’existante. Enfin, pour rapatrier dans la Manche la production de MOX assurée actuellement par une usine Orano du Gard.
L’avenir assuré jusqu’en 2100 du centre de traitement de La Hague est forcément une bonne nouvelle pour l’emploi dans le territoire. Actuellement, sur le site de La Hague, aux 4 500 collaborateurs d’Orano se joignent 1 500 salariés d’entreprises partenaires. L’entreprise accueille par ailleurs de nombreux alternants, des élèves de 3e et leurs enseignants pour les sensibiliser aux métiers industriels, et a contribué à l’éclosion d’une école de production à Valognes, près de La Hague. « Développer l’activité au sein de notre territoire s’inscrit dans notre démarche RSE », argumente Jean-Christophe Varin.



